Plus de deux mois après le début de la crise au Moyen-Orient, et alors que les cours des hydrocarbures restent au plus haut sur les marchés internationaux, le gouvernement de la Polynésie prépare une hausse des prix à la pompe, jusqu’ici bloqués à 1,26 euros sur cette collectivité d’Outre-mer dotée d’un fonds de régulation. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Voilà plus de deux mois que les opérations militaires ont débuté au Moyen-Orient, deux mois que le passage dans le détroit d’Ormuz, hautement stratégique dans le commerce mondial des hydrocarbures, est fortement perturbé, voire entièrement paralysé… Si la plupart des pays, à commencer par la France, la Nouvelle-Calédonie et les DROM, ont connu des bonds dans les prix des carburants, en Polynésie, les pompes indiquent toujours le même prix : 150 francs le litre (1,26 euros), essence comme diesel.
Une stabilité due à l’intervention du Fonds de régulation du prix des hydrocarbures (FRPH), déjà doté de 3 milliards de Fcfp (25,3 millions d’euros) en début d’année, et dans lequel le Pays a réinjecté 3,5 milliards (29,4 millions d’euros), dans la foulée des premiers bombardements. Moetai Brotherson avait toutefois prévenu dès le mois de mars : cette mobilisation des deniers publics pour contrer les hausses de cours, ne tiendra qu’un temps, surtout si le conflit lancé par les États-Unis et Israël tire en longueur.
« Ça a déjà augmenté partout ailleurs dans le monde »
Or, les hostilités -malgré les déclarations de Donald Trump devant son propre congrès-, sont loin d’être oubliées au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz est loin d’être libéré, et le baril de brent est toujours au plus haut : 113 dollars ce lundi contre une soixantaine en début d’année. « Quand bien même il baisserait, il y a une espèce d’inertie qui fait que les effets qui ont déjà été engrangés par les grands acteurs économiques internationaux vont forcément arriver chez nous », précisait ainsi Moetai Brotherson sur le plateau de l’Invité de la rédaction de Radio 1 Tahiti ce lundi.
« Les calculs sont en cours quasiment jour le jour au niveau du ministère des Finances (de Polynésie française, ndlr) qui également en charge des énergies. Mais il faut s’attendre très probablement au mois de mai, ou au plus tard au mois de juin, à une augmentation du tarif à la pompe. Ça a déjà augmenté partout ailleurs dans le monde. Il n’y a que chez nous pour l’instant qu’on est préservé », a prévenu le président du gouvernement local.
La dernière fois que la Polynésie avait mobilisé son FRPH pour bloquer les prix des hydrocarbures, c’était en 2022, et en raison de la guerre en Ukraine.
Charlie René pour Radio 1 Tahiti





















