Nouvelle-Calédonie : le FLNKS ferme la porte à tout « geste » sur le corps électoral

©Julien Mazzoni / Les Nouvelles Calédoniennes

Nouvelle-Calédonie : le FLNKS ferme la porte à tout « geste » sur le corps électoral

Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a opposé une fin de non-recevoir à la demande de Sébastien Lecornu de « faire un geste » sur le corps électoral provincial, dans une lettre rendue publique mardi.

« Sur la question du corps électoral, notre position est ferme et ne souffre d'aucune ambiguïté : les élections provinciales doivent se tenir avant le 28 juin 2026 avec le corps électoral actuel, tel qu'il résulte de l'Accord de Nouméa du 5 mai 1998 et tel qu'inscrit dans la Constitution française », écrit le président du FLNKS, Christian Tein, dans une lettre adressée dimanche à Matignon.

Dans ce courrier, le mouvement indépendantiste rappelle que le Conseil constitutionnel a validé un troisième report des élections provinciales jusqu'au 28 juin 2026, « en précisant expressément que ce report devra être le dernier », et confirmé en septembre 2025 « la conformité constitutionnelle du gel du corps électoral ».

Cette lettre a été envoyée avant la troisième session de rencontres organisée par Sébastien Lecornu avec les forces politiques calédoniennes. Depuis le rejet début avril par l'Assemblée nationale d'un projet de réforme constitutionnelle, le Premier ministre a enchaîné les consultations les 7, 10 et 13 avril.

Ces réunions se tiennent sous deux formats, les partis non-indépendantistes du Rassemblement et des Loyalistes refusant de s'asseoir à la même table que le président du FLNKS Christian Tein, mis en cause dans les émeutes de mai 2024. Selon une source proche des discussions, l'exécutif a demandé au FLNKS « un geste sur l'ouverture du corps électoral (...) pour tenter de faire revenir les loyalistes dans la discussion ». 

La question du corps électoral est au cœur des tensions entre indépendantistes et non-indépendantistes. Les seconds plaident pour son ouverture, estimant que les règles actuelles excluent une part importante de la population. Les premiers défendent son maintien, considéré comme un élément central du processus de décolonisation.

Depuis 2007, le corps électoral aux élections provinciales, cruciales en Nouvelle-Calédonie car elles déterminent la composition du gouvernement local, est « gelé » et réservé aux personnes installées sur le Caillou avant 1998 et leurs descendants.

Selon plusieurs sources, le haut-commissariat a transmis aux participants la liste de 37 492 électeurs inscrits sur la liste électorale générale mais exclus des provinciales, dont 10 575 natifs de Nouvelle-Calédonie, pour lesquels un compromis était jugé possible.

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Initialement prévues en mai 2024, les Provinciales ont été reportées à trois reprises, d'abord en raison de tensions autour du corps électoral, puis des émeutes de mai 2024, et enfin pour laisser la place aux négociations autour de l'accord de Bougival.

Selon plusieurs responsables politiques locaux, il est acté que les élections provinciales se tiendront finalement le 28 juin, dernière date possible fixée par le Conseil constitutionnel.

Avec AFP