Nouvelle-Calédonie : la culture du soja testée sur 16 hectares

©Chambre d'agriculture et de la pêche en Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie : la culture du soja testée sur 16 hectares

Une volonté de développer la culture du soja, permettant de viser une autonomie alimentaire des élevages locaux, soutenue par la Chambre d’agriculture et de la pêche. La culture de soja concerne pour l’instant 16 hectares cultivés par six agriculteurs répartis sur le territoire. Une rencontre s’est tenue ce mercredi 4 mars à Boulouparis, sur l’une des exploitations. Organisée par la Chambre d’agriculture et de la pêche, elle a rassemblé des acteurs du monde agricole des provinces Sud et Nord venus échanger autour de cette première campagne de culture. Focus avec le reportage de nos partenaires de CALEDONIA.

Selon les premiers retours des agriculteurs, la plante semble bien s’adapter aux conditions climatiques locales. Fabien Camy, chargé de mission au pôle végétal de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie, souligne la résistance observée durant les premières semaines de culture, au micro de Caledonia : « On a eu une période en janvier qui était moins pluvieuse, avec des températures assez élevées, et la plante n’a pas trop stressé. Là, on a eu beaucoup de pluie, plus de 200 mm en peu de jours, et la plante a un tout petit peu jauni, mais elle va reprendre quand le sol sera un peu plus aéré ».

Cette expérimentation s’appuie sur des travaux menés depuis plusieurs années pour identifier des variétés adaptées au territoire. « La technopole, depuis des années, a travaillé à choisir les meilleures variétés qu’on pourrait trouver en soja pour la Nouvelle-Calédonie. Donc on ne repart pas de zéro cette année : on a choisi des variétés de soja qui sont produites sur la même latitude, ici, au Queensland en Australie, et qui ont d’assez bons résultats », précise Fabien Camy. Le soja est ici cultivé en culture intercalaire, c’est-à-dire entre deux cultures de rente comme le maïs ou la pomme de terre. Cette pratique peut également contribuer à enrichir les sols.

Le projet suscite l’intérêt de certains acteurs de l’agriculture biologique et de l’élevage. Agathe Bezier, coordinatrice de l’association Bio-Caledonia, indique : « On est vivement intéressé de suivre ce projet, parce qu’on pense qu’il y a vraiment un marché dans le développement de l’aliment animal local. Ça peut faire l’objet de grains aliments pour les animaux, et notamment pour les éleveurs de poules pondeuses ».

À terme, la Chambre d’agriculture et de la pêche espère que l’expérimentation encouragera davantage d’exploitants à se lancer dans cette production. L’objectif affiché est d’atteindre au moins 100 hectares de culture de soja en Nouvelle-Calédonie d’ici la fin de l’année 2026.