En visite en Nouvelle-Calédonie, des scientifiques du laboratoire de recherche français Géoazur mènent actuellement des travaux visant à mieux comprendre les risques sismiques dans la région. Habitués à intervenir dans la zone Pacifique, ces sismologues profitent de leur présence sur le territoire pour étudier les spécificités locales et proposer des pistes de solution adaptées aux problématiques calédoniennes. Focus avec le reportage de nos partenaires de CALEDONIA.
Les chercheurs présents sur le territoire mettent en avant plusieurs avancées récentes dans leur domaine, notamment grâce à l’usage de l’intelligence artificielle et au développement de partenariats avec des opérateurs de télécommunications. Ces collaborations permettent notamment d’exploiter des infrastructures sous-marines pour accéder à des données en grande profondeur, jusque-là difficiles à obtenir.
Parmi les technologies utilisées figure le DAS (Distributed Acoustic Sensing), un dispositif de détection acoustique basé sur la fibre optique. Comme l’explique Alister Trabattoni, chargé de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement, au micro de Caledonia : « Le DAS c’est une nouvelle technologie qui est utilisé en sismologie depuis maintenant une décennie. C’est un instrument optique, qu’on vient brancher à une extrémité d’un câble télécom par exemple. Cet instrument envoi de la lumière dans le câble, va venir scanner la fibre optique qui se trouve à l’intérieur, et cela va permettre de mesurer de petites déformations, vibrations, qui se produisent dans le câble, et cela peut être dû au passage d’une onde sismique (…) et il faut savoir que les plus grands tremblements de terres ont lieu principalement en mer, là où pour nous, sismologue, il est difficile d’avoir des instruments ».
Un autre projet, baptisé TamTam, repose sur un partenariat avec un opérateur de télécommunication afin d’intégrer directement des instruments scientifiques dans des câbles sous-marins avant leur installation. Selon Virginie Durand, sismologue à l’IRD et à Géoazur : « Le projet TamTam c’est un projet de câble télécom sous-marin instrumenté, qui va être déployé entre Port-Vila et Lifou. En instrumentation on va avoir des sismomètres en mer, qui vont permettre d’améliorer le système d’alerte sismique et tsunami sur la région ».
Ces dispositifs pourraient permettre de réduire significativement les délais de détection des séismes sous-marins. Aujourd’hui, l’estimation de la magnitude d’un tremblement de terre susceptible de générer un tsunami peut prendre une dizaine de minutes, alors même que les vagues peuvent atteindre les côtes en une vingtaine de minutes. Actuellement, les stations sismiques les plus proches de la zone de subduction se situent à Lifou et Maré, à environ 100 kilomètres. L’installation de capteurs directement sur les câbles sous-marins permettrait de rapprocher les instruments à une dizaine de kilomètres de la zone à risque, offrant ainsi des alertes plus précoces.
À terme, ces avancées technologiques pourraient permettre de gagner jusqu’à une dizaine de minutes supplémentaires pour l’évacuation des populations en cas de tsunami. La culture de la gestion du risques aux populations est très importante malgré les avancées qui pourraient être effectuées.





















