À quelques jours de l’examen du projet de loi constitutionnelle sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, le député de l’archipel Emmanuel Tjibaou (GDR, FLNKS) a une nouvelle fois dénoncé, ce mercredi à l’Assemblée nationale, les accords de Bougival et Élysée-Oudinot, ainsi qu’un calendrier parlementaire « mortifère » pour le pays. Il appelle l’État à « proposer une véritable voie de sortie capable de rétablir le dialogue ».
« Le calendrier imposé par l'État enferme aujourd'hui le législateur dans une contrainte extrême. Avec une seule issue possible, Bougival et son complément Élysée-Oudinot » a déclaré Emmanuel Tjibaou critiquant le choix du gouvernement de prendre « le chemin inverse de celui qu'ont tracé les parlementaires à l'issue de la commission mixte paritaire qui s'est tenue ici lors de l'examen de la proposition de loi organique sur le report des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie ».
« Leur choix était clair : reporter les élections afin de permettre la poursuite des discussions en vue d'un accord consensuel sur l'avenir institutionnel de notre pays », a rappelé le député indépendantiste. Pour lui, « l’orientation » de l’exécutif est « claire » : « L'indépendance est écartée, la souveraineté n'est jamais évoquée et une hyper provincialisation assumée est en train de démanteler le pays en rompant radicalement avec toute ambition de faire peuple ».
« Nous sommes déliés de toute perspective de décolonisation prévue par l'accord de Nouméa » a-t-il aussi dénoncé. « Nous avons demandé une fois à reporter le troisième référendum, on nous l'a refusé. Aujourd'hui, on nous propose un quatrième report pour les provinciales. Il faut être sérieux », a ajouté le député qui appelle une nouvelle fois à « asseoir la légitimité de celles et qui décideront de l'avenir de ce territoire » et donc à organiser les élections provinciales.
« Lorsqu'il y a eu un refus des loyalistes à débattre sur le projet de souveraineté partagé proposé par l'État, il a fallu relancer les discussions. Quand il s'agit du refus des indépendantistes à Bougival, on nous impose aujourd'hui d'aller jusqu'à Versailles » a ajouté Emmanuel Tjibaou, laissant ainsi entendre que l’État manque à son devoir d’impartialité. « Ce n'est pas aux parlementaires de régler le consensus à la place de l'exécutif et des Calédoniens ».
« Allez-vous persister dans un calendrier mortifère pour notre pays ? » a-t-il interrogé. « Ou allez-vous enfin prendre vos responsabilités et proposer une véritable voie de sortie capable de rétablir le dialogue entre l'ensemble des parlementaires et ne pas répéter les mêmes erreurs qui ont déclenché le cataclysme du 13 mai 2024 dans notre pays ? ».
« Le risque d'une hyper-provincialisation que vous avez évoqué a été écarté » par l’accord Élysée-Oudinot, complémentaire à Bougival, a assuré le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, remplaçant ce mercredi en QAG, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, en déplacement en Guyane. « Les partenaires (hors FLNKS, ndlr) se sont accordés sur un calendrier indicatif prévoyant l'organisation des élections provinciales avant la fin de l'année afin de redonner la parole aux dans un cadre démocratique apaisé ».
Avec AFP























