« Le président nous a assuré du plein soutien de l'État » a déclaré Moetai Brotherson, sur la lutte contre les addictions et plus particulièrement, la méthamphétamine, ou « ice », qui fait l’objet d’une mobilisation politique et civile face à son expansion dans la société polynésienne. Le président de la Collectivité d’Outre-mer aborde aussi, pour Outremers360, d’autres sujets, notamment le tourisme -alors que 2025 devrait une nouvelle fois battre un record de fréquentation- et la compagnie Air Tahiti Nui, les municipales ou encore la proposition de loi visant à améliorer les indemnisations des victimes des essais nucléaires, examinée ce jeudi à l’Assemblée nationale.
Outremers360 : Ce mardi, au deuxième jour de votre déplacement à Paris, vous vous êtes entretenu avec le président de la République. Quel a été l’objet de cet entretien ?
Moetai Brotherson : Quand on rencontre le président de la République, on essaye de balayer un spectre large de sujets. On a commencé sur les sujets de santé, ceux pour lesquels mon ministre de la Santé, Cédric Mercadal, est également en mission ici. Ce sont des sujets interministériels, avec à la fois les évacuations sanitaires d'urgences, les molécules onéreuses, mais aussi l'unité médico-judiciaire.
Il y a un ensemble de sujets qu'on a déjà vus avec les ministères concernés ou qu'on continue à voir avec les ministères individuellement, mais sur lesquels, à un moment ou à un autre, l'arbitrage du président de la République et du Premier ministre vont forcément être requis. C'est pour ça qu'on voulait aussi le sensibiliser sur ces sujets de santé avec la signature prochaine de la Convention Santé État-Pays.
On a discuté un peu des municipales puisque le président de la République voulait avoir un peu mon sentiment sur ce qui allait se passer, du moins sur ce qui pouvait se passer. Je lui ai donné, non pas mes pronostics, mais une analyse de la situation telle que je la vois à mon niveau.
On a discuté de la Nouvelle-Calédonie, puisque c'est important pour lui de voir un peu comment ce dossier est perçu dans la région. À ce titre, puisque je participe en tant que président de la Polynésie au Forum des îles du Pacifique, j'ai pu lui apporter quelques éclairages, avec notamment tout ce qui se passe autour de la proposition d'accord de Bougival dont on sait qu'elle est perçue de manière un peu polarisée : d'un côté, les loyalistes et une partie des indépendantistes, et de l'autre côté, le FLNKS, qui pour l'instant, rejette en bloc aussi bien l'accord initial de Bougival que la prolongation de cet accord qui vient d'être signé entre certains participants. Il voulait avoir également mon avis sur ce sujet.
On a discuté des suites de l'UNOC : j'ai expliqué un peu la frustration qui est la mienne aujourd'hui de voir que, pour l'instant, les seuls qui viennent au financement des décisions prises à l'UNOC, ce sont les organisations non gouvernementales, avec ce MOU, qu'on a signé avec une alliance d'organisation et qui nous apporte 1,5 milliard de Fcfp. On attend que l'État se manifeste également comme ça a été annoncé par le président de la République lui-même à Nice. On avait un certain nombre de programmes scientifiques, de programmes d'exploration qui devaient inclure évidemment la Polynésie. Pour l'instant, on ne voit pas tout ça venir. C'est lié au retard de l'adoption du budget.
On a discuté également des sujets d'éducation avec la nécessité de renouveler la convention décennale de l'éducation. C'est un sujet qui va normalement se conclure en milieu d'année, avec un certain nombre d'éléments de changements qu'on voudrait porter.
On a également beaucoup parlé du sujet de l'ice (méthamphétamine, ndlr), de la lutte contre les addictions. Le président nous a assuré du plein soutien de l'État par rapport aux besoins qu'on pourrait exprimer, pour la poursuite de l'excellente collaboration qui s'est mise en place depuis l'an dernier entre les services de l'État et les services du pays.
Concernant vos déceptions, notamment les financements que vous attendez consécutivement à l’UNOC, est-ce que le président de la République vous a apporté une réponse ?
Il a été très attentif, en tout cas. C'est un sujet qui lui tient à cœur et il fera en sorte que l'État soit au rendez-vous.
Sur la convention liée à l'éducation, vous parlez de changements. Quels sont-ils ?
Il y a plusieurs éléments. Déjà dans la méthode. La Convention décennale État-Pays sur l’Éducation, fondamentalement, doit s'appuyer sur la charte de l'éducation. La Convention vient permettre la mise en œuvre des éléments de cette charte. Les deux dernières années, il y a eu un gros travail pour la refonte de cette charte de l'éducation au niveau local. C'est un travail qui est achevé, qui va être validé devant l'Assemblée territoriale dans les semaines qui viennent. On doit retrouver les éléments, les fondamentaux de la charte de l'éducation dans cette convention décennale, ce qui n'était pas forcément le cas précédemment.
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Un des éléments qui nous tient à cœur, c'est la gestion des inspecteurs du second degré par le ministère polynésien de l'Éducation. Ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent puisqu'ils sont sous la gestion du vice-recteur. Pour des raisons de cohérence et de continuité dans la gestion de la politique éducative, il nous semble important qu'on puisse arriver à ce résultat. C'est un des éléments. Ce n'est pas le seul.
Est-ce que vous lui avez parlé de la PPL sur l'amélioration des indemnisations des victimes des essais nucléaires ?
Bien sûr. Je pense qu'il a été réceptif au message qu'on a fait passer. Cette PPL, finalement, vient concrétiser tous les aspects des annonces qu'il avait pu faire en 2021 et qui n'ont pas satisfait les Polynésiens. C'est une PPL qui va dans le sens d'une réconciliation des histoires. Ça ne veut pas dire qu'on tourne la page, ça veut dire qu'on écrit de nouvelles pages. Je pense qu'il a bien compris quel est l'esprit de cette PPL.
Est-ce que c'est un sujet que vous avez pu aussi évoquer avec le ministère des Armées ? Parce que vous avez vu aussi le ministère des Armées.
C'est un sujet qu'on a abordé aussi bien avec la ministre des Outre-mer (lundi soir, ndlr) que la ministre déléguée aux Armées (mardi, ndlr). On en a discuté, mardi soir, dans un cadre moins politique, mais c'était tout de même à l'Assemblée nationale, au travers d'une conférence sur la mise en place d'un dictionnaire du CEP avec différents acteurs qui étaient là. On va en rediscuter avec d'autres personnes qu'on va rencontrer.
Demain soir (jeudi soir, ndlr), on sera dans l'hémicycle puisque normalement, la PPL passera l'examen en session plénière. On a bon espoir qu’elle puisse être votée en plénière. Mais on est comme Saint-Thomas : on attend de voir. Ensuite, si ça se fait demain, il y aura la transmission au Sénat. Là, il faut qu'on s'assure que le texte puisse être voté conforme dans la meilleure des configurations ou qu'on puisse déjà savoir s'il y a des amendements, de quelle nature seront ces amendements, pour s'assurer que le texte ne soit pas dénaturé quand il reviendra vers l'Assemblée nationale.
Le ministère des Armées soutient ce texte ?
Le ministère des Armées ne nous a pas semblé hermétique au texte. Il faudra voir ensuite les aspects budgétaires qui sont liés au texte. Et là, ce n'est pas le ministère des Armées qui a voix au chapitre. Mais en tout cas, le fait que ce travail, que cette PPL soit issue d'un travail remarquable qui a été fait dans une commission d'enquête menée par le député Le Gac, président de la commission, et Mereana Reid Arbelot, rapporteure, c'est quelque chose qui, je pense, a du poids puisque tous les éléments de la PPL sont des éléments objectifs issus soit de la science, soit de l'histoire.
Lundi vous évoquiez déjà la convention santé et notamment le sujet de la prise en charge des évacuations sanitaires d’urgence qui est un sujet interministériel, avec le ministère des Armées : avez-vous aussi abordé ce sujet ?
C'est un sujet qu'on a évoqué, bien entendu. Il est déjà, je l'avais précisé, inclus dans le préambule du projet de convention santé qui va être signé bientôt. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'éléments dans la convention qui viennent aujourd'hui spécifier comment va s'articuler le rôle de chacun sur ce sujet, mais il y a en revanche, inscrit dans le préambule, la nécessité de travailler ensemble pour ensuite faire des conventions connexes, à la fois sur le sujet des molécules onéreuses et sur le sujet des évacuations sanitaires d'urgence.
Ce matin, vous vous êtes entretenu avec des représentants du constructeur Airbus. Quel était l'objectif, l'objet de ce rendez-vous ?
L'objectif n'a rien de secret : Il fait partie du plan général de développement d'Air Tahiti Nui qu'on a mis en œuvre depuis qu'on a commandé cette étude de route et de flotte auprès de la société Arthur D. Little. Dans la continuité des résultats et des préconisations de cette étude, il faut qu'on prenne contact avec les différents constructeurs qui sont en mesure de nous proposer des perspectives d'évolution de la flotte.
Aujourd'hui, il n'y a pas 36 constructeurs. Pour ce qui nous concerne, il y en a deux. Il y a Boeing. Nous sommes équipés aujourd'hui de quatre avions Boeing. Et puis, il y a Airbus qui avait fourni, il faut s'en rappeler, les premiers avions d’Air Tahiti Nui. Et donc, c'est normal qu'on discute avec l'un et l'autre pour savoir ce qu'ils peuvent nous proposer. Il s'agit ici d'avoir une réflexion à la fois logique et pragmatique, c'est-à-dire qu'on ne part pas des avions pour ensuite justifier des routes. Il faut partir des réels besoins, des réelles opportunités de marché. Et c'est en fonction du schéma de route -celui qui va permettre à Air Tahiti Nui demain de retrouver l'équilibre et d'aller vers la croissance et les bénéfices- qu'il faut ensuite déterminer les avions qui correspondent.
Une fois qu'on a dit ça, il ne suffit pas de dire « voilà les avions qu'il nous faudrait ». Il faut pouvoir les acheter. Le marché de l'aérien international explose depuis trois ans et il y a des avions qui ne sont pas disponibles avant 2032. Donc, il faut étudier tout ça aussi au regard des capacités financières de la compagnie, des plans de remboursement, de financement, ... Les résultats ne seront pas forcément immédiats, mais il faut poser les jalons maintenant, parce que s'il faut se positionner sur certains appareils, ne pas attendre trop longtemps.
Vous verrez également Boeing ?
Ça fait partie effectivement des discussions. On ne va pas les voir cette fois-ci, puisqu'on ne peut pas non plus tout faire. Mais on verra très certainement les autres fournisseurs.
Il s’agirait dans tous les cas d’un renouvellement à long termes…
Pas forcément à long terme. Ça peut être étagé. On a quatre avions, on n'est pas obligé de remplacer les quatre d'un coup. Mais tout ça, c'est à définir de manière fine, de manière précise. C'est la conjonction de plusieurs choses. Il ne faut pas négliger le facteur humain.
Quand on change d'avion, il faut former les pilotes, il faut qu'ils soient qualifiés, il faut former le personnel navigant, puisqu'on ne circule pas de la même manière dans un monocouloir que dans un « widebody ». Chaque avion a sa spécificité. En termes de maintenance, avoir une flotte hétérogène, ce n'est pas neutre non plus, puisqu'il faut des pièces, un stock de pièces par appareil. Ce n'est pas les mêmes boulons entre Airbus et Boeing, pour schématiser. Tout ça doit se gérer à la fois au niveau technique, au niveau humain, au niveau budgétaire et au niveau de la planification.
Je reviens sur les routes : on évoque Sydney notamment, fin 2026 voire début 2027…
Ça fait partie des choses qui sont étudiées. Aujourd'hui, rien n'est arrêté sur les nouvelles routes.
Est-ce qu'il y a d'autres routes que la compagnie pourrait explorer ?
Oui, il y a forcément d'autres possibilités. Aux États-Unis, aujourd'hui, on va à Los Angeles, on allait physiquement à Seattle, mais on a mis fin à cette connexion physique. On commercialise toujours via nos partenaires, mais les avions d'Air Tahiti Nui ne vont plus à Seattle. Il reste d'autres destinations qu'il est possible d'atteindre. Par exemple, je vous donne des possibilités : San Francisco. On n'y va pas. On pourrait demain décider d'y aller, en tout cas l'étudier. Il y a d'autres connexions vers Dallas, qui peuvent être étudiées également. Toutes ces options sont devant nous.
Ça ne veut pas dire qu'on va forcément toutes les développer. Ça veut dire qu'il faut non seulement réfléchir à la capacité de nos avions d'y aller, mais aussi à notre capacité de nouer des partenariats pour la continuité. À titre d’exemple, aller jusqu'à Dallas, c'est une chose, mais ensuite, les passagers, s'ils ne vont pas à Dallas, s'ils vont plus loin, qu'est-ce qu'ils font ? Tout ça, ça s'étudie.
La semaine dernière, on a beaucoup parlé d'Air Tahiti Nui. Il y a eu des alertes lancées par un collectif de salariés, faisant état de problèmes internes. Ensuite, il y a eu une réponse d'autres syndicats qui ont appelé à ne pas être trop alarmistes. Quelle est votre réaction par rapport à ça ? Est-ce que vous entendez qu'il y ait aussi des inquiétudes en interne ?
Il y a toujours des inquiétudes. Dans n'importe quelle organisation humaine, il y a des inquiétudes. Il y a des gens qui ne sont pas contents, il y a des gens qui sont inquiets. Nous, nous faisons confiance à la fois aux employés et à la direction. Je pense que pour l'instant, le message est entendu puisque la plupart des syndicats, effectivement, sont venus se désolidariser des individus qui ont écrit ce courrier. Donc l'écrasante majorité du personnel d'Air Tahiti Nui aujourd'hui fait confiance à la direction.
Vous faites confiance aussi à la direction, au conseil d'administration ?
Oui, tout à fait.
2025 va conclure sur un nouveau record de la fréquentation touristique en Polynésie. Un tiers des passagers, des touristes viennent des États-Unis. Est-ce que la situation actuelle des États-Unis, de sa politique interne, vous inquiète ?
Déjà, c'est un peu plus d'un tiers de nos touristes qui viennent d'Amérique du Nord et donc principalement des États-Unis : c'est presque 44% de nos touristes. Ce sont des touristes à très haute valeur ajoutée, qui peuvent se permettre des nuits à 2 000, voire 3 000 euros dans des hôtels très haut de gamme. C'est un marché très important.
Effectivement, nous ne sommes pas inquiets, mais nous sommes attentifs à ce qui se passe depuis un peu plus d'un an maintenant avec un gouvernement aux États-Unis qui prend des décisions radicales et parfois un peu inattendues. Pour l'instant, ça n'a pas vraiment eu d'impact sur la volonté et la capacité des segments de clientèle nord-américains qui viennent chez nous à continuer de venir chez nous. Peut-être que d'autres catégories d'Américains qui allaient ailleurs ont été affectées, mais on va dire que le segment haut de gamme de la clientèle nord-américaine, pour l'instant, semble toujours enclin à voyager et à venir en Polynésie.
Ça ne veut pas dire que ça ne va pas évoluer. En tout cas, ça rejoint des réflexions qu'on a eues avec Tahiti Tourisme sur la nécessité de diversifier les marchés émetteurs, d'essayer d'avoir le plus de clientèle en provenance d'Asie, mais également d'Europe. Il faut être prévoyant. On ne sait pas de quoi demain peut être fait : si les États-Unis devaient entrer en récession, si les signaux économiques ou politiques devaient faire que la clientèle américaine voyage moins, ce qui n'est pas le cas encore une fois pour l'instant.
C'est plus le tourisme arrivant aux États-Unis qui souffre, puisque depuis, ils ont connu 20% de baisse du tourisme vers les États-Unis. Mais le tourisme qui sort des États-Unis, pour l'instant, n'a pas été affecté.
Les États-Unis, Los Angeles, c'est aussi le hub, en tout cas le passage traditionnel, quasiment obligatoire, pour rejoindre Paris. Aujourd'hui, on voit qu'il y aussi de plus en plus de passagers qui, justement, ne veulent plus passer par les États-Unis. Ça peut même provoquer un frein chez certains voyageurs. Est-ce qu'il ne faut pas trouver un autre point de rattachement à Paris ?
Ça a été évoqué par certains, la possibilité éventuellement de repasser, comme cela avait été fait pendant le COVID, par le Canada. Ce ne sont pas des décisions qu'on peut prendre à la légère. Les relations avec les aéroports sont des relations qui doivent être inscrites dans le temps long, parce que sinon, on n'est pas sûr d'avoir les slots les plus avantageux, on n'est pas sûr d'avoir le positionnement des appareils le plus pratique et on n'est pas sûr d'avoir le cheminement à travers le circuit de sortie ou d'embarquement qui soit optimal.
À Los Angeles, il y a quelques années, le circuit pour quelqu'un qui était en transit était très pénible. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Quand vous êtes sur Air Tahiti Nui et que vous êtes en transit à Los Angeles, en un quart d'heure, vous êtes sorti de l'avion et arrivé en zone de transit. Tout ça, ça se construit dans le temps. Ce sont des échanges, c'est un partenariat qui se renforce avec la direction d'un aéroport. Donc, on ne change pas d'aéroport comme ça.
Vous venez de vous entretenir, ce mercredi après-midi, avec des opérateurs de Data centers : Kyndryl. Là encore, quel a été le but de cette réunion ?
Kyndryl, ils le disent eux-même de manière un peu humoristique, c'est une start-up qui a 5 ans et qui a 90 000 collaborateurs. Donc, c’est une très grosse startup. En fait, c'est l'ancienne division service d'IBM qui, il y a cinq ans, a décidé de scinder ses activités et de sortir toute l'activité service de leur core business. Ça a donné naissance à Kyndryl.
C'est une société qui est donc déjà présente en Polynésie, puisque c'était IBM Services, qui maintenant s'appelle Kyndryl.
Aujourd’hui, ils ont de nouvelles activités, notamment un savoir-faire autour de l'IA qui s'est beaucoup développée ces dernières années. Ils sont venus nous présenter ce qu'ils savent faire et nous faire des propositions éventuellement de POC, de « Proof of Concept », sur des projets bien spécifiques autour du tourisme, de la télé-éducation, de la télémédecine, pour voir comment est-ce qu'on pourrait faire évoluer la relation entre la Polynésie, pas simplement le gouvernement, mais l'ensemble des acteurs de l'économie numérique.
Est-ce que ça a un lien avec l'arrivée prochaine d'un câble Google en Polynésie ?
Ça a un lien très direct. Kyndryl est, par exemple, partenaire de Google Cloud. Ce sont des sociétés qui se connaissent très bien. Ils ont un laboratoire d'IA en commun à Singapour. Donc tout cela est très lié. Le fait que ces câbles arrivent contribuent effectivement à l'intérêt de pas mal de sociétés dans l'écosystème numérique polynésien.
Vous l'avez évoqué très rapidement en début d'interview : les municipales. Comment est-ce que le président de la Polynésie, qui est membre du parti indépendantiste Tavini Huiraatira, suit ces échéances électorales ?
Je suis cette échéance comme n'importe quel citoyen polynésien. Moi, je vote à Huahine, donc j'attends de voir quelles seront les listes sur mon île et ensuite faire mon choix. Je suis évidemment certaines grandes communes où le combat est intéressant puisqu'il y a plusieurs listes qui sont là. Il y a des communes clés sur lesquelles les enjeux sont importants : Paea, Papeete et d'autres. Sur Faa’a, je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de suspense. Je peux déjà vous donner le nom du prochain tavana (maire, ndlr). C'est toujours le même, c'est Oscar Temaru.
Après, je ne me mêle pas des municipales. Souvent, on me pose la question. Certains m'envoient des messages pour me dire : « Il faut absolument que tu me mettes en telle position sur la liste ». Je fais toujours la même réponse : je ne participe pas à l'élaboration des listes.
C'est quelque chose que vous laissez au parti ?
Complètement. Je ne m'en mêle pas du tout. Si on me demande mon avis, je le donne. Je ne fais pas partie du comité qui construit les listes pour les municipales. J'ai donné une consigne claire à mes ministres : aucun de mes ministres ne figurera sur une liste des municipales, a fortiori le président, évidemment. Je pense qu'on a connu ça pendant trop longtemps chez nous, cette espèce d'implication entre le gouvernement et les maires. Et donc si tu es tavana et que tu es de ma majorité, tu auras les moyens. Si tu ne l’es pas, tu ne les auras pas. Pour moi, ça, c'est l'antithèse de la politique telle que je veux la pratiquer.
Vous avez évoqué Papeete, il y a quand même une division du parti sur la capitale. Est-ce que vous attendez de voir quel sera le choix des électeurs de votre parti, et plus généralement des électeurs de la capitale ?
Moi, je suis resté sur la décision du congrès du Tavini Huiraatira durant lequel on a annoncé que le candidat sur Papeete, c'était Temata’i Le Gayic. Ça a été annoncé par Oscar Temaru, président du parti. Donc, je suis resté sur cette information-là. Je pense que c'est un bon candidat qui, depuis justement l'annonce qui a été faite au Congrès, sillonne les quartiers, fait le boulot sur le terrain. Je suis resté sur cette information.























