Le club professionnel présenté par l’AS Venus (commune de Mahina) et soutenu par la Fédération tahitienne de football et le Pays a été retenu parmi les huit qui s’affronteront en OFC Pro League. La compétition doit « révolutionner » le foot océanien par son format, son niveau et ses budgets. Il s’agit aussi d’un « tournant historique » pour le sport polynésien : pour la première fois, un club et ses joueurs -qui devraient être issus de toutes les formations de Ligue 1- vont évoluer dans un cadre professionnel, en grande partie créé pour l’occasion. La nouvelle ligue doit être lancée fin octobre, et les matchs de la première saison s’étaleront de janvier à mai 2026. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Une « immense fierté » pour l’AS Vénus, une « avancée historique pour le football du fenua » pour la Fédération. Le cri de joie a été unanime, ce vendredi, pour saluer la décision de l’OFC d’intégrer Tahiti United dans sa nouvelle Ligue Professionnelle.
Porté par l’AS Vénus, et créé comme la division « pro » du club de Mahina, cette équipe doit rassembler des joueurs issus de toutes les formations polynésiennes, et qui seront les premiers dans le foot si ce n’est le sport polynésien, a profité d’un réel statut professionnel, dont le cadre est en train d’être posé par le Pays spécialement pour l’occasion.
« Cette évolution marque un tournant majeur », note la FTF dans un communiqué, « elle ouvre la voie à de nouvelles perspectives de carrière pour nos talents locaux et place la Polynésie Française sur la carte du football professionnel international ».
Huit clubs, sept pays
Mais le « tournant » est aussi régional : en projet depuis des années au sein de l’OFC, cette « Pro League » doit faire entrer le football océanien « dans une nouvelle ère », comme le répètent depuis des mois les dirigeants de la confédération. Pas moins de 24 clubs s’étaient d’ailleurs portés volontaires, en fin d’année dernière, pour participer à la première saison. Treize avaient été pré-qualifiés après une première sélection.
L’AS Vénus, bien épaulé par les autorités du Pays, la Fédération et des soutiens privés, a depuis beaucoup travaillé pour montrer patte blanche : un dossier de 280 pages comprenant des plans de finances, de marketing ou d’éthique, un organigramme d’encadrants diplômés, ou des projets de contrats pour les joueurs a été ficelé, non sans difficulté, avant début juillet.
La confédération océanienne de football a fini par rendre son verdict ce vendredi en annonçant les huit clubs retenus, issus de sept pays du Pacifique :
Bula Boys FC (Fidji)
Hekari United FC (Papouasie-Nouvelle-Guinée)
Solomon Kings FC (Îles Salomon)
Vanuatu FC (Vanuatu)
Auckland FC et Christchurch United FC (Nouvelle-Zélande)
South Melbourne FC (Australie)
Tahiti United (Tahiti)
Qualification pour la Coupe du monde des clubs
Si le premier match de l’OFC Pro League n’aura lieu que le 10 janvier prochain, la compétition sera officiellement lancée lors d’un événement à Auckland dès la fin octobre. Les huit formations s’affronteront ensuite pendant une saison de 5 mois, suivant un format complexe mêlant format championnat -divisé en cinq étapes organisées sur des sites différents, au cours desquelles chaque club affrontera tous les autres deux fois- play-off entre « leaders » et « challengers » du premier classement, et phases finales sans match retour.
À noter que Tahiti, vu les travaux en cours au stade Pater (principal stade de l’île), n’est pas candidat pour recevoir des matchs de la ligue en 2026. Mais en cas de maintien, il s’agit bien de faire venir les meilleurs clubs de la région sur place l’année suivante.
Un « format conçu pour maintenir l’intensité de la compétition et l’engagement des fans tout au long de la saison », avait déjà précisé l’OFC. « Ce championnat révolutionnaire offrira également une qualification directe pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2029, ouvrant ainsi les portes de la scène mondiale à nos joueurs », note-t-on aussi à la fédération tahitienne de football.
Charlie René pour Radio 1 Tahiti