Élu au premier tour le samedi 29 juin en Polynésie, le nouveau député de la 1ère circonscription de Polynésie a fait ses premiers pas à l’Assemblée nationale ce mercredi 10 juillet. Des premiers pas particuliers pour ce parlementaire, le premier originaire des îles Marquises à fouler le palais Bourbon.
Entre l'élection à l'Assemblée nationale du premier député marquisien et en fin juillet, l’examen de la candidature de l’archipel du Nord-est de la Polynésie au Patrimoine mondial de l’Humanité, « c’est l’année des Marquises », sourit Moerani Frébault, député de l’union autonomiste, tout juste arrivé devant le fronton du palais Bourbon. « C’est un grand moment qu’on attendait depuis le lendemain du premier tour ».
Élu de justesse au premier tour, « ça a été une belle surprise », Moerani Frébault n’en était pas moins confiant : « On a senti une forte attente de la population pendant la campagne électorale ». « On a de grosses urgences pour la Polynésie, comme j’imagine le reste des Outre-mer, c’est le pouvoir d’achat et la lutte contre la vie chère, l’emploi et le logement. Ce sont les thématiques principales sur lesquelles on va tenter de s’atteler ».
Jusqu’ici directeur général des services de la maire de Hiva Oa, île marquisienne administrée par sa mère Joëlle Frébault, le député se veut aussi, naturellement, un porte-parole des problématiques de son archipel. D’ailleurs, il y a quelques années, les maires des Marquises avaient pris leur bâton de pèlerin pour sensibiliser l'opinion publique et les élus, à Tahiti comme à Paris, sur leur volonté de faire évoluer leur communauté de communes en communauté d’archipel.
« On a le souhait de faire évoluer le statut pour permettre à l’ensemble des communes et des communautés de communes d’exercer au mieux les compétences », confirme le député. « L’objectif est de faire aboutir nos sujets locaux, les sujets portés par la Polynésie et le Pacifique. On espère pouvoir travailler avec l’ensemble des groupes et le sensibiliser à nos problématiques », a-t-il ajouté, et ce, « quelle que soit la configuration du parlement ».
Pour ce qui est du choix de groupe politique, Moerani Frébault a ses préférences, tout en restant à l'écoute. « On attendait de voir la recomposition de la carte politique de l’Assemblée nationale pour choisir un groupe. A priori, pour moi, ce sera le groupe Ensemble et après on verra si on décide d’adhérer à Renaissance, MoDem ou Horizons ». Aux Européennes, Moerani Frébault était sur la liste de la coalition présidentielle et son parti, le Tapura huiraatira, a des proximités avec Renaissance.
Interrogée par nos partenaires de Radio 1 Tahiti, Nicole Sanquer, députée de la 2ème circonscription de Polynésie, elle aussi élue sous la bannière union autonomiste, a dit vouloir siéger chez Liot. Et le groupe cherche aussi à convaincre le député marquisien. « Je vais consulter et faire mon choix ».
Arrivé à Paris mardi matin, le député a déjà été reçu par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrice Faure, le Premier ministre Gabriel Attal et le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin. Malgré la configuration particulière du gouvernement, et ce moment de flottement et d’attente, Moerani Frébault a voulu se « présenter à eux, leur faire part des priorités en Polynésie ». « On a commencé à échanger, à définir des pistes d’actions possibles pour intervenir sur ces sujets ».
Quant à ses relations avec la majorité indépendantiste en Polynésie, et plus particulièrement avec le président de la Collectivité Moetai Brotherson : « certains sujets font consensus, on devrait pouvoir travailler ensemble pour l’intérêt des Polynésiens ».