Océan Indien : Londres va suspendre son projet de restitution des Chagos à Maurice, faute du « soutien » américain

Vue aérienne d'une partie de la base militaire américaine de Diego Garcia montrant le porte-avions USS Saratoga accosté dans le port en 1985

Océan Indien : Londres va suspendre son projet de restitution des Chagos à Maurice, faute du « soutien » américain

Le Royaume-Uni va suspendre son projet de restitution des îles Chagos à l'île Maurice faute du « soutien » du président américain, a indiqué samedi Downing Street, précisant que les « discussions » avec la Maison Blanche et Maurice se poursuivaient.

« Nous continuons de penser que cet accord est la meilleure façon de protéger l'avenir à long terme de la base (militaire anglo-américaine de Diego Garcia, ndlr), mais nous avons toujours dit que nous n'irions de l'avant que s'il bénéficie du soutien des États-Unis », a déclaré un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer.

Ce projet de loi allait arriver à échéance au Parlement, rendant son adoption peu probable. Selon les termes d'un accord signé en mai 2025, le Royaume-Uni doit restituer les Chagos à Maurice mais conserver un bail de 99 ans sur l'île principale, Diego Garcia, afin de maintenir une base militaire américano-britannique dans cette région stratégique.

Donald Trump avait initialement donné son feu vert à l'accord. Mais en janvier, il avait fustigé ce qu'il avait qualifié de « grande stupidité » de Londres à propos de cet accord, devenu une source de tensions entre les deux pays.

« Diego Garcia est un atout militaire stratégique essentiel tant pour le Royaume-Uni que pour les États-Unis. Garantir sa sécurité opérationnelle à long terme est et restera notre priorité - c'est là la raison même de cet accord », a encore indiqué un porte-parole de Downing Street.

Cette base fut d'une importance stratégique considérable pour le Royaume-Uni et les États-Unis pendant la guerre froide et a joué un rôle majeur dans les deux guerres menées par les États-Unis en Irak (1990-1991, 2003-2011) et dans les bombardements américains en Afghanistan en 2001.

Au moment de l'accord, le Premier ministre Keir Starmer avait martelé qu'il n'y avait pas d' « autre alternative » et qu'il s'agissait du « seul moyen de maintenir la base à long terme ».

Avec AFP