Une plateforme scientifique sous-marine va pouvoir être installée au large de Bouéni, sur le site du cratère de Rani. L’État autorise le projet sans étude d’impact complète, mais impose de strictes conditions pour encadrer les expérimentations et limiter les effets sur le milieu marin. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
Une plateforme scientifique pourrait bientôt voir le jour au large de Bouéni, sur le site du cratère sous-marin de Rani. Par un arrêté, la Direction de l’environnement, de l’aménagement, du logement et de la mer (DEALM) a tranché : le projet ne sera finalement pas soumis à une étude d’impact environnemental complète, sous réserve de respecter une série de conditions strictes.
Porté par un objectif scientifique, ce dispositif consiste en l’installation d’une structure modulaire immergée, composée de cubes en aluminium, destinée à observer et expérimenter en milieu marin. L’installation, prévue sur les fonds sableux du cratère, mobiliserait des plongeurs spécialisés ainsi qu’une barge équipée pour positionner précisément l’équipement. La phase d’installation est estimée à deux mois, pour une durée totale du projet comprise entre 22 et 24 mois.
Derrière cet équipement, plusieurs ambitions. Les recherches doivent permettre d’améliorer les connaissances sur les algues, les invertébrés et les coraux, mais aussi d’analyser les interactions écologiques entre espèces. Le projet vise également à tester des solutions de restauration des habitats marins, notamment par la biosécurité des récifs et le développement de techniques favorisant le recrutement des coraux. À terme, les données produites pourraient alimenter des modèles reproductibles utiles à la préservation et à la valorisation des écosystèmes marins.
Implantée dans une zone classée et intégrée au périmètre du parc naturel marin de Mayotte, l’initiative reste toutefois encadrée. Les autorités estiment que les impacts sur l’environnement et la santé humaine peuvent être maîtrisés, à condition de respecter des mesures précises.
Le porteur de projet devra également anticiper les risques de dispersion, encadrer les interventions humaines et définir des protocoles stricts pour éviter toute pollution ou dégradation du milieu. Une attention particulière est portée à la prévention des intrusions et au respect des équilibres biologiques.
Si l’absence d’étude d’impact complète allège la procédure, elle ne dispense pas d’autorisations complémentaires. Toute modification du projet ou évolution susceptible d’affecter l’environnement devra faire l’objet d’un nouvel examen.
Entre innovation scientifique et vigilance environnementale, ce projet illustre les arbitrages auxquels sont confrontés les territoires insulaires, où la recherche se développe sous la contrainte d’écosystèmes particulièrement sensibles.
Par France-Mayotte Matin





















