Guyane : Un rapport territorial présenté pour renforcer l’enseignement de l’histoire et de la géographie en Guyane

© Académie de Guyane

Guyane : Un rapport territorial présenté pour renforcer l’enseignement de l’histoire et de la géographie en Guyane

Ce mardi 12 mai 2025, l’académie de Guyane a présenté le rapport territorial consacré à l’enseignement de l’histoire et de la géographie en Guyane. Ce document fait suite à deux journées d’études organisées les 23 et 24 janvier derniers au collège Auxence Contout de Cayenne, qui avaient réuni près d’une centaine d’intervenants. Focus grâce aux interviews de nos partenaires de Radio Péyi.


L’objectif affiché de ce rapport est de proposer des pistes pédagogiques permettant aux élèves de mieux connaître leur histoire ainsi que leur environnement géographique au sein du bassin amazonien.

Selon Audrey Chambaud-Régnier, conseillère pédagogique départementale, ce document constitue une première base de travail destinée à accompagner les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques. « C'est un document cadre qui permet déjà d'avoir des repères. Donc on a une espèce d'ossature pour chaque thématique du programme, pour savoir sur quoi on peut travailler aussi bien en histoire et en géographie. Ensuite, il va falloir communiquer ce rapport-là auprès des acteurs qui enseignent, mais aussi tous les acteurs du territoire, inspecteurs, toutes les personnes qui agissent au sein de l'éducation. Il y aura nécessairement besoin d'une continuité, d'avoir des groupes de travail qui vont s'appuyer sur ce rapport pour ensuite aller beaucoup plus dans les détails, pour faire des fiches pédagogiques, pour vraiment mettre en œuvre ensuite en place toutes les pistes qu'on a pu identifier ».

Le rapport souligne également la nécessité d’un accompagnement pédagogique et d’une formation continue pour les enseignants, qu’ils soient originaires du territoire ou nouvellement arrivés en Guyane. Audrey Chambaud-Régnier estime que les besoins de formation devront être adaptés aux profils et aux connaissances de chacun. « Il y a nécessairement besoin d'accompagner les enseignants, que ça soit des enseignants qui viennent du territoire comme d'ailleurs. Maintenant, il y a des modalités qui peuvent se faire, qui peuvent s'offrir, des modalités complètement différentes en fonction des besoins des enseignants. Donc là, la formation, il faudra voir si on peut faire une forme de différenciation entre ceux qui arrivent et qui ont des besoins spécifiques, d'avoir en tout cas les grandes lignes sur l'histoire et la géographie. Et puis on a des enseignants qui ont déjà peut-être un bagage scientifique ou qui ont besoin d'un renforcement de ce bagage scientifique. Et là, il faut aussi qu'il y ait une continuité. Donc dans les deux sens, il y a une nécessité de former aussi bien les arrivants que ceux qui sont déjà sur le territoire pour les faire monter en compétence. Tout le monde doit monter en compétence, quel que soit son niveau de connaissance au départ ».


Le recteur de l’académie de Guyane, Guillaume Gellé, a pour sa part insisté sur l’importance de rapprocher les contenus pédagogiques des réalités locales et des parcours des élèves afin de favoriser leur engagement scolaire. « C'est ce qui a été mis en avant dans ce rapport. Les points d'ancrage doivent être des points d'ancrage au plus près des territoires et de l'histoire familiale des élèves. Donc ces points de référence leur permettent de mieux s'engager dans les apprentissages. Et ce qui est important en Guyane, c'est de faire en sorte que nos élèves s'engagent le plus possible dans leur apprentissage pour favoriser leur réussite scolaire, bien évidemment. Et donc ce rapport permet d'apporter avec détail ces points de référence. Donc c'est le début d'une biographie qui est extrêmement importante. Elle devra être enrichie vraisemblablement par des manuels scolaires qui sont spécialisés, mais c'est quelque chose qu'on peut engager très rapidement. Donc ce qui doit nous réunir tous et nous motiver, c'est vraiment la réussite de nos élèves ».

La présentation de ce rapport marque ainsi une première étape dans la réflexion menée autour de l’adaptation des enseignements d’histoire et de géographie aux spécificités du territoire guyanais.