Voilier (Istiophorus platypterus) marqué lors de la mission de novembre 2020 à Mayotte© Ifremer
La station Ifremer basée à La Réunion va placer dans le cadre du projet FLOPPED (Finding Large Oceanic Pelagic Predators Environnemental Distribution) une 100 balise sur 5 espèces de poissons de porte-épée de l’Océan indien à savoir le marlin noir (Makaira indica), le marlin bleu (Makaira nigricans), le marlin rayé (Tetrapturus audax), le voilier (Istiophorus platypterus) et l’espadon (Xiphias gladius). Objectif: enrichir les connaissances utiles pour exploiter durablement ces espèces.
Ce projet Flopped de l’Ifremer, mené en partenariat avec le laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (LIRMM, CNRS/Université de Montpellier) le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de La Réunion (CRPMEM) et est co-financé par le FEAMP (Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche). Il s’étale sur 3 années et sur l’ensemble du bassin de l’océan Indien (Indonésie, Sri Lanka, Seychelles, Maurice, Rodrigues, Mayotte et la Réunion). La première campagne de marquage a débuté à la fin du mois d’août 2019 lors d’un premier essai en partenariat avec des pêcheurs professionnels réunionnais. Elle s’était poursuivie par des collaborations avec les pêcheurs sportifs et professionnels à l’occasion d’évènements (concours, championnat) ou de campagnes scientifiques dans différents sites d’études mais n’a pu être menée jusqu’à son terme en raison de la crise sanitaire Covid-19. La seconde campagne a débuté par une mission à Mayotte menée en novembre 2020 et a permis de marquer six voiliers. A ce jour, 42 balises ont été posées en 2019 et 2020.
Cette année, l’Ifremer à La Réunion placera 100 balises sur les 5 espèces cibles du projet, entre novembre à avril, soit avant la période de reproduction. Ces marquages permettra d’identifier les zones de reproduction, leur connectivité et leurs différentes contributions au renouvellement des populations, la maturité sexuelle des espèces, leur migration, l’origine des larves des portes-épées et les zones sensibles pour le recrutement biologique…Ces nouveaux jeux de données, plus complets et fiables, apporteront les nouvelles connaissances utiles pour exploiter durablement ces espèces. « A ce jour, les connaissances sur les zones et les saisons de reproduction pour ces 5 espèces de poissons porte-épées sont quasi inexistantes. Ces connaissances sont essentielles pour définir des mesures de gestion adaptées et favoriser la préservation des stocks, et leur apport a été défini comme priorité de recherche par la commission des thonidés de l’Océan Indien (CTOI) dans le cadre de la gestion des espèces de poissons porte-épées.»
Grâce à ces balises électroniques accrochées aux poissons, les scientifiques pourront enregistrer des données indiquant leurs déplacements. Ce n’est que lorsque les balises se détachent au bout d’un temps programmé (trois à six mois) ou suite à la mort du poisson ou à la capture de ce dernier, que les données peuvent être transmises par satellite. Cette transmission nécessite que les marques restent plusieurs jours en surface. Dans certaines situations, les balises subissent des aléas empêchant la communication des données aux équipes scientifiques. Aussi, il est demandé aux usagers de la mer de participer à la récolte de ces balises. Une campagne de sensibilisation est prévue à cet effet.























