L’Agence régionale de santé (ARS) Martinique organise, ce mercredi 11 mars 2026, un séminaire marquant le lancement de la consultation plénière du Plan intégré de lutte contre les arboviroses (PILA). Cette rencontre vise à partager les résultats d’un an de travaux partenariaux et à engager une phase de concertation avec les acteurs impliqués dans la lutte contre les maladies vectorielles.
Le séminaire réunit institutions publiques, experts scientifiques, professionnels de santé, opérateurs de terrain, collectivités territoriales et partenaires du secteur sanitaire. L’objectif est de présenter la synthèse des travaux réalisés, d’échanger sur les enjeux prioritaires et de consolider les orientations stratégiques du futur plan.
La Martinique reste particulièrement exposée aux arboviroses, notamment la dengue, le chikungunya et le Zika, transmises par le moustique Aedes aegypti. Selon l’ARS, les conditions climatiques et environnementales, ainsi que les mobilités régionales, favorisent la circulation régulière de ces virus dans la zone caraïbe.
Au cours des seize dernières années, le territoire a connu une épidémie tous les deux à trois ans. Cette situation souligne, selon les autorités sanitaires, la nécessité de maintenir une stratégie durable et coordonnée associant surveillance épidémiologique, lutte antivectorielle, mobilisation du système de soins et information du public. La région reste également exposée au risque d’introduction de nouveaux arbovirus ou à la réémergence de virus déjà connus, ce qui renforce les enjeux de préparation et de coordination entre les différents acteurs.
Une démarche de co-construction institutionnelle
Le Plan intégré de lutte contre les arboviroses est piloté conjointement par l’ARS Martinique, la préfecture, le centre hospitalier universitaire de Martinique, Santé publique France ainsi que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et les communes.
Le séminaire doit notamment permettre de clarifier les responsabilités des différents intervenants, d’intégrer les évolutions récentes des connaissances scientifiques, notamment l’approche « One Health » et les effets du changement climatique, et de vérifier la faisabilité opérationnelle des mesures envisagées. Une première phase de consultation institutionnelle a déjà permis d’actualiser les mécanismes de surveillance interrégionale et les niveaux épidémiologiques.
Le PILA, élaboré depuis plus d’un an avec des partenaires institutionnels, scientifiques et opérationnels, vise à répondre aux évolutions réglementaires et aux nouveaux défis sanitaires. Il s’inscrit notamment dans le cadre du décret de 2019 relatif à la gouvernance de la lutte antivectorielle. Ce plan doit remplacer le dispositif PSAGE dengue, considéré comme aujourd’hui insuffisant face aux évolutions du risque sanitaire. Il prévoit une organisation coordonnée et graduée de la réponse face aux épidémies ou à l’apparition de nouveaux vecteurs, en articulation avec le dispositif de gestion de crise ORSEC.
Présenté comme un document évolutif, le plan sera régulièrement actualisé pour intégrer les avancées scientifiques, sanitaires et environnementales.
Quatre axes stratégiques
La première version opérationnelle du plan s’articule autour de quatre axes principaux. La surveillance épidémiologique, visant l’amélioration de la détection précoce des virus, accélération de la transmission des résultats biologiques, renforcement de la veille hospitalière et développement d’outils prédictifs. La prise en charge des cas, par l’optimisation des parcours de soins, coordination entre médecine de ville et hôpital et anticipation des tensions sur le système de santé.
La lutte antivectorielle, grâce à une clarification des responsabilités entre les autorités et les collectivités, amélioration des indicateurs entomologiques et développement d’innovations pour limiter notamment l’usage des biocides. Enfin, la communication et mobilisation sociale, par la structuration d’une stratégie d’information du public, renforcement des actions communautaires et intégration des sciences sociales pour mieux comprendre les comportements de prévention.





















