Martinique : Conférence des trois EPCI autour de la question de l’eau

Martinique : Conférence des trois EPCI autour de la question de l’eau

© CACEM

Réunis ce mardi 2 février au Cap Nord sur l’initiative de Bruno Nestor Azérot, les trois présidents des Établissements Public de Coopération Intercommunale (EPCI) du territoire montraient une image d’union dans la gestion des problématiques d’eau en Martinique. Éviter de nouvelles coupures d’eau et investir dans la rénovation de son système de distribution étaient au cœur des préoccupations.

La conférence de presse a débuté par l’observation des avancées réalisées au cours des six derniers mois, avant d’annoncer les objectifs futurs et le calendrier de fin de travaux de réfection du système de distribution prévue pour fin 2021. Les importantes coupures d’eaux survenues en Martinique lors de la période du carême de 2020, notamment en raison d’une importante sécheresse, étaient dans toutes les têtes et la volonté d’éviter un nouvel épisode similaire cette année est affiché par les présidents des EPCI, montrant une volonté de travail concerté. Dans cette optique, chaque ECPI présentait son calendrier et investissements engagés pour le réseau d’eau potable de leur zone d’influence.

Cap Nord engagera 4,5 millions d’euros, dédiés notamment aux forages nécessaires à la découverte de nouvelles sources d’eau afin de renforcer l’approvisionnement du réseau.
Bruno Nestor Azérot, président de Cap Nord : « Nous devons aller à la recherche de la ressource : même si elle existe déjà, elle n’est pas suffisante, car nous devons donner de l’eau au sud et au centre. Il est donc important d’avoir plus de captage pour que l’eau soit beaucoup plus répandue sur l’île ».

La Cacem investira 23 millions d’euros, elle aussi afin de financer de nouveaux forages, mais également améliorer les connexions de réseau entre le Nord et le Sud.
Luc-Louison Clémenté, président de la Cacem : « Nous allons intensifier les forages, pour diversifier nos sources d’approvisionnement. Car aujourd’hui, 94% des eaux que nous consommons proviennent des eaux de surface. Il n’est pas normal que nous dépendions autant d’une seule source ».

L’Espace Sud injectera 30 millions d’euros, avec un accent sur de nouveaux réservoirs d’eau, des systèmes de pompages permettant de garantir un approvisionnement fiable aux habitants résidant dans les hauteurs du territoire, mais aussi sur l’acquisition de 2500 détecteurs de fuite. Un investissement bienvenu quand on sait qu’environ 50% de l’eau produite est perdue dans les différentes fuites du réseau.
André Lesueur, président de l’Espace Sud : « Il faut mieux répartir l’eau. Il est difficile d’admettre que l’on n’a pas d’eau pendant 15 jours, il faut essayer d’amener l’eau au robinet. Je ne me berce pas d’illusions : il y aura des coupures, c’est certain. Mais il faut faire en sorte qu’elles existent le moins possible ».

Enfin, une vraie problématique touche l’ensemble du territoire : les répercussions, toujours d’actualités, des effets de l’utilisation de chlordécone. La pollution engendrée nécessite aujourd’hui un important travail de dépollution. Des étapes de traitement lourdes et onéreuses qui impactent le prix pour les administrés, l’eau en Martinique étant l’une des plus chères de France.
Dans une lettre adressée au président de la République, les trois présidents des EPCI ont appelé à ce que l’État prenne ses responsabilités, espérant une prise en charge des importants frais de traitement de l’eau par le gouvernement.


Damien CHAILLOT