Logement : Interpellée sur la ligne budgétaire unique, Naïma Moutchou tente de rassurer les parlementaires

Logement : Interpellée sur la ligne budgétaire unique, Naïma Moutchou tente de rassurer les parlementaires

La ministre des Outre-mer a été interpellée, ce mardi à l’Assemblée nationale, par les députés Jean-Hugues Ratenon puis Davy Rimane sur la baisse annoncée de la ligne budgétaire unique (LBU) dédiée au logement en Outre-mer. « Sans annonce à faire à ce stade », Naïma Moutchou se dit toutefois « vigilante ».

« La ligne budgétaire unique pour 2026 pourrait être divisée par trois, marquant une rupture sans précédent » a dénoncé le député LFI de La Réunion, Jean-Hugues Ratenon, ce mardi lors de la séance des questions au gouvernement.

« Pour La Réunion, plus de 53 000 demandeurs (de logements sociaux, ndlr) sont actuellement recensés et vous proposez de passer de 85 millions d'euros à seulement 27 millions en 2026 » a-t-il poursuivi, dénonçant « une décision brutale et irresponsable ». Jean-Hugues Ratenon énumère aussi les « 150 000 personnes mal logées ou sans logement, 1 300 enfants à la rue, dont 382 de moins de trois ans ».

« Vous allez amplifier une situation déjà critique et les conséquences seront immédiates », martèle encore le député qui souligne aussi le « choc économique majeur (…), car le logement social représente plus de 50% de la commande publique du BTP ». « Dans un contexte économique tendu, ce choix serait un contresens ».

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Quelques minutes après, c’est le député GDR de Guyane, également président de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale, qui monte au créneau. « On attend toujours que 13 000 logements sociaux sortent de terre en Guyane. C'est 15 000 en Martinique, c'est 51 000 à La Réunion ». « À hauteur de combien comptez-vous amputer le budget dédié aux Outre-mer ? » a-t-il interrogé, élargissant sa question au chlordécone ou aux sargasses.

En réponse aux députés, Naïma Moutchou a défendu l’ « action » du gouvernement « en faveur du logement et notamment du logement social ». « Il y a des mesures de gestion qui sont prises, qui sont des mesures classiques, qui ne sont pas des renoncements, qui sont des mesures de pilotage » a-t-elle expliqué.

« Il y a quelques jours, une première vague qui correspond à plus de 50% des crédits inscrits a été notifiée aux préfets avec instruction d'avancer rapidement et de les consommer rapidement. À Mayotte, les crédits qui sont dédiés au logement ont été sanctuarisés à hauteur de 45 millions d'euros d'autorisation d'engagement dans la suite de la loi de refondation » a détaillé la ministre.

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« Pour les quatre autres DROM, une première enveloppe de 83 millions d'euros en autorisation d'engagement, 117 millions d'euros en crédits de paiement, a été répartie et elle a été selon deux des critères : la pression démographique et la pression sur l'accès au logement social », a-t-elle poursuivi, ajoutant aussi les dispositifs de défiscalisation « plébiscités » par les acteurs du BTP.

Naïma Moutchou a aussi rappelé que les DROM « seront concernés par les mesures du plan logement annoncé à Marseille par le Premier ministre et qui sera porté par le ministre du Logement, Vincent Jambrun », avec qui, assure-t-elle encore, elle travaille « sur le plan logement Outre-mer numéro 3 ».

Reconnaissant « le pilier essentiel et structurant » que représente la ligne budgétaire unique en Outre-mer, Naïma Moutchou dit être « vigilante » sur celle-ci. « Il n'y a pas d'annonce à faire à ce stade, mais évidemment, je continuerai à tenir informé la représentation nationale ».