L’habitation Maud’Huy en Guadeloupe parmi les 15 sites distingués du « Patrimoine de la diplomatie »

©Facebook / Les îles de Guadeloupe

L’habitation Maud’Huy en Guadeloupe parmi les 15 sites distingués du « Patrimoine de la diplomatie »

Quinze sites ont été distingués au « Patrimoine de la diplomatie » française, ce jeudi, a-t-on appris dans un communiqué du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Parmi ceux-ci, l’habitation Maud’Huy en Guadeloupe, située dans la commune de Saint-François et qui fut, en 1979, le centre du monde et des crises géopolitiques d’alors.

Construite entre 1873 1874, l'habitation le Maud'Huy, ou plantation Sainte-Marthe, est une ancienne plantation coloniale située à Saint-François, en Grande-Terre.

Elle doit son nom au comte de Maud'Huy, originaire de Lorraine, qui avait fondé auparavant sur ce site une plantation-sucrière, sur les hauteurs de la commune, dans la partie assez aride de l'île dite des « Savanes ». En 1925, l'habitation est rachetée par Victor Depaz, puis en 1960, Amédée Huygues-Despointes rachète à son tour la propriété.

L’habitation est distinguée car elle a accueilli du 4 au 7 janvier 1979, les déjeuners et rencontres informelles entre le président français Valéry Giscard d'Estaing, le président américain Jimmy Carter, le chancelier ouest-allemand Helmut Schmidt et le Premier ministre britannique James Callaghan lors de la Conférence (ou Sommet) de la Guadeloupe.

De gauche à droite : Helmut Schmidt, James Callaghan, Jimmy Carter et Valéry Giscard d'Estaing devant l'habitation le Maud'Huy en 1979 ©Wikicommons

Les discussions portèrent sur divers problèmes mondiaux, et notamment -hasard du calendrier-, sur le Moyen-Orient et la crise politique iranienne qui déboucha un mois plus tard sur la révolution islamique en Iran. C’est durant ce Sommet que les dirigeants suggérèrent au Shah de quitter l'Iran le plus tôt possible.

Parmi les autres sujets : la situation du Cambodge, la violence en Afrique du Sud, l’influence croissante de l’URSS dans le Golfe persique, le coup d’État en Afghanistan et la situation en Turquie. Le prix « Patrimoine de la diplomatie » vise à distinguer sur l’ensemble du territoire national des sites remarquables ayant été le cadre d’événements diplomatiques au cours de l’histoire.

Avec l’assistance d’un comité éditorial composé de diplomates et d’historiens, quinze sites désignés à travers l’ensemble du territoire pour l’année 2026 ont été annoncés par Jean-Noël Barrot. De nouveaux sites seront distingués chaque année. Ces choix reflèteront la diversité des territoires, des périodes et de toutes les formes de diplomatie conduites par la France au fil des siècles.