Les nouveaux plans du gouvernement américain n'imposent pas les mêmes droits de douane aux Outre-mer qu'au reste des territoires dépendant de l'Union européenne, avec des taux généralement plus avantageux.
Selon un tableau de la Maison Blanche récapitulant les nouvelles surtaxes douanières américaines, les départements et territoires ultramarins, RUP et PTOM, vont être soumis dans les prochains jours à des niveaux de taxation individuels, bien différents des 20% qui vont s'appliquer à l'UE.
Parties intégrantes du territoire douanier de l'UE mais considérée s fiscalement comme des territoires tiers, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte verront leurs produits imposés à hauteur de 10% supplémentaires par les autorités américaines. En revanche, La Réunion, qui bénéficie pourtant du même statut légal, verra ses produits taxés à hauteur de 37%.
Le gouvernement américain prévoit aussi d'imposer des droits de douane de 50% sur les produits importés depuis l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon mais de 10% sur ceux arrivant de la Polynésie française, deux territoires qui ne font pas partie de l'Union européenne aux yeux des douanes. Selon Tahiti Nui TV, ces droits de douanes appliqués à la Polynésie impacteront les exportations issues de la pêche, de la perliculture et de la vanille.
« Le continent américain est le deuxième importateur de produits polynésiens où les États-Unis, avec 2,6 milliards de francs, captent 12 % de la valeur des produits locaux », notait l’Institut de la Statistique de Polynésie dans son Bilan du commerce extérieur de 2023, rappelle TNTV. Cette année-là, les États-Unis étaient « les principaux importateurs de poissons polynésiens (92 % des produits de la pêche exportés en valeur), avec 1 600 tonnes importées pour une valeur de 2,1 milliards de francs », devant la France hexagonale.
Pour ce qui est de la perle de culture, les États-Unis étaient également le « troisième client » de la Polynésie, derrière Hong Kong et le Japon, « avec 2 % du volume total ». 6 % des exportations de vanille étaient également destinés aux États-Unis. Dans la région, les nouveaux droits de douane s’élèvent à 10 % pour la Nouvelle-Zélande, 32 % pour Fidji, 22 % pour le Vanuatu, ou encore 30 % pour Nauru.
En Outre-mer, la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Saint-Barthélemy et Saint-Martin ne sont concernés par ces nouveaux droits de douane, justifiés comme une réplique aux taxes appliquées aux produits américains. Sint-Maarten, partie hollandaise voisine de Saint-Martin, est toutefois concernée par des droits de douane de 10%.
« Notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis », a asséné mercredi Donald Trump, avant d'exhiber une liste des partenaires commerciaux concernés. D’après le tableau de la Maison Blanche, les Outre-mer imposeraient des droits sur les produits américains allant de 10 à 73% pour La Réunion, et jusqu’à 99% à Saint-Pierre et Miquelon.
Les analystes peinent à comprendre comment la Maison Blanche a calculé des taux parfois exorbitants et établi une liste en partie incongrue, sur laquelle on trouve des îles arctiques reculées appartenant à la Norvège, où des îles inhabitées. Pas de trace en revanche de la Russie ni de la Corée du Nord au motif, selon un responsable américain, qu'elles sont soumises à tant de sanctions qu'elles ne sont plus des partenaires commerciaux significatifs.
Avec AFP