Au lendemain de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, la mairie du 16e arrondissement de Paris a organisé ce lundi 11 mai une cérémonie commémorative dans les jardins du Trocadéro. Une cérémonie officiée par le maire d'arrondissement Jérémy Redler et sa première adjointe Samia Badat-Karam, en présence de la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, et de Serge Romana, coprésident du comité de pilotage du mémorial national de l'esclavage. Des élèves de l'école Guy Chauliac ont également assisté à cette cérémonie de commémoration.
C'est la deuxième année consécutive que la mairie du 16e organise l'événement dans ces jardins où doit s'élever le futur mémorial national dédié aux victimes de l'esclavage. Alors que sont commémorés cette année les 25 ans de la loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité, Jérémy Redler rappelle l'universalité de cette histoire commune : « Trop longtemps, la souffrance de l'esclavage a été réduite à une souffrance particulière. Depuis 25 ans, la nation toute entière a ouvert les yeux sur ce crime. Nous commémorons, nous nous souvenons et nous faisons de ces moments celui d'une nation rassemblée. L'esclavage est désormais l'histoire de chaque Français », avant d'ajouter : « C'est notre capacité à faire du vécu de chacun notre vécu commun et établir le peuple français comme un peuple porteur d'un message universel. »
Vingt-cinq ans après la loi Taubira, « notre devoir demeure intact : transmettre, expliquer, commémorer. Commémorer, ce n'est pas diviser. Commémorer, ce n'est pas opposer les mémoires entre elles (…) c'est regarder l'Histoire en face, toute l'Histoire, avec lucidité, dignité et fidélité à la vérité », a poursuivi la première adjointe Samia Badat-Karam.
Dans son discours, la ministre des Outre-mer Naima Moutchou a rendu hommage aux figures de la résistance contre l'esclavage telles que Victor Schœlcher, l'abbé Grégoire, Toussaint Louverture, Louis Delgrès mais aussi à des figures féminines trop souvent absentes du récit national : la Mulâtresse Solitude, Guadeloupéenne, figure emblématique de la rébellion ; Adélaïde Tablon, Guyanaise emprisonnée pour avoir défié le pouvoir colonial ; Lumina Sophie Roptus, Martiniquaise condamnée aux travaux forcés à perpétuité pour s'être insurgée ; et Olympe de Gouges, guillotinée après avoir combattu pour les droits des femmes et des esclaves. « La période de la colonisation et de l'esclavage a déshumanisé les individus en leur retirant leur identité et leur vie. La réparation passe par le fait de nommer et de mettre des visages sur ces victimes, marquant le début de leur dignité et de leur humanité », a déclaré Naïma Moutchou.
Pour la ministre, le futur mémorial aura cette vocation de transmission. « Il ne sera pas un lieu d'accusation mais un lieu de transmission. Il inversera ce schéma de honte car cette honte ne doit pas être celle des descendants des victimes mais celle du système qui a réduit des êtres humains en esclavage. » Un chantier qu'elle dit suivre comme une priorité, avec l'objectif de l'inaugurer avant la fin du quinquennat, en lien avec Serge Romana et les membres du comité de pilotage.
La cérémonie s'est achevée par le dépôt de roses blanches au pied d'un arbre, en hommage aux victimes de l'esclavage.





















