Depuis le mois de janvier 2026, l’Association nationale des apprentis de France (ANAF) a ouvert une antenne en Guyane. Cette implantation vise à représenter, défendre et mieux informer les apprentis, un public en forte progression ces dernières années. Focus avec l’interview de Marie-Louise Laurens, à la tête de la nouvelle antenne guyanaise de l’ANAF, par nos partenaires de Radio Télé Péyi Guyane.
À l’échelle nationale, le nombre d’apprentis est passé d’environ 500.000 avant la crise sanitaire à plus d’un million l’an dernier. Une dynamique qui se confirme également sur le territoire guyanais, où l’apprentissage s’impose progressivement comme un levier d’insertion professionnelle pour les jeunes, combinant formation pratique et rémunération.
Dans ce contexte, l’ANAF à récemment ouvert une antenne en Guyane. À sa tête, Marie-Louise Laurens souligne un besoin important d’information, tant du côté des jeunes que des structures d’accompagnement et des entreprises :
« On sait que ça existe, mais les jeunes ne savent pas vraiment ce que c'est, parfois même les structures également. J'ai eu l'occasion de rencontrer France Travail et ils se rendent compte qu’ils ont besoin de formation là-dessus, d'information surtout, pour pouvoir mieux accompagner les publics et davantage valoriser et mettre en avant l'apprentissage dans ce qu'ils peuvent proposer aux jeunes. L'information n'est pas toujours claire là dessus ».
Malgré cet essor, des difficultés persistent. En Guyane, plusieurs milliers de jeunes s’engagent chaque année dans l’apprentissage, environ 3.400 apprentis sont recensés, dont 1.400 nouveaux contrats signés l’an dernier. Toutefois, un nombre significatif de contrats est rompu avant son terme. Pour Marie-Louise Laurens, l’accompagnement des apprentis constitue un enjeu central :
« Il y a de plus en plus de contrats, à peu près plus de 3400 apprentis chaque année, l'année dernière, c'était 1400 nouveaux contrats signés. Mais effectivement, il y a un travail à faire sur l'intégration de ces jeunes en entreprise, parce qu'ils sont jeunes, et quand on est à l'école et qu'on arrive dans une entreprise, on peut vite oublier qu’ on devient un salarié. Donc l'ANAF intervient justement sur cet accompagnement puisque nous avons mis en place des outils, des ateliers pédagogiques sur l'intégration en entreprise, la posture professionnelle... Ça fait partie des freins périphériques, outre les problèmes de mobilité, de logement, en Guyane encore plus. Mais également, ce qui peut freiner les entreprises à recruter des apprentis, c'est parce qu'ils attendent aussi des jeunes qu'ils aient une certaine autonomie, la ponctualité ... On travaille justement à accompagner les jeunes sur ce qu'on appelle la bonne posture professionnelle ».
Outre ces enjeux d’intégration, l’accès à une entreprise d’accueil reste un obstacle majeur pour certains candidats. L’ANAF entend également intervenir sur ce point en identifiant les freins à l’embauche et en renforçant les liens avec le tissu économique local. Marie-Louise Laurens précise :
« J'essaie de savoir pourquoi, parce que parfois ça peut être une problématique de présentation, du CV qui n'est pas adapté, de la lettre de motivation, de la posture également. Donc, déjà de comprendre les raisons. Une fois qu'on a compris les raisons, voir où il faut agir, pour pouvoir lever ces freins. Je sais que certains entrepreneurs que j'ai rencontrés disent qu’ils ont pris des apprentis, mais qu'il y a une problématique sur tout ce qui est la ponctualité, l'absentéisme. Ce sont des constats. Je dois également rencontrer des acteurs du réseau Entreprendre, les responsables également du Medef, tout cet écosystème économique, pour voir comment est-ce que, maintenant que l'association est là, on peut travailler ensemble, on peut faire du partenariat pour lever tous ces freins, pour que les entreprises soient beaucoup plus ouverts à prendre des apprentis ».
À travers cette implantation, l’ANAF ambitionne ainsi de structurer l’accompagnement des apprentis en Guyane et de favoriser le développement de l’apprentissage, en collaboration avec les acteurs économiques et institutionnels du territoire.





















