Saint-Laurent-du-Maroni devient la première commune d'Outre-mer à obtenir la création du label Site Patrimonial Remarquable (SPR) depuis la loi LCAP de 2016. La Commission nationale du patrimoine et de l'architecture (CNPA) du Ministère de la Culture a émis un avis favorable à l'unanimité, marquant une étape décisive dans la valorisation du patrimoine exceptionnel de cette ville guyanaise.
C'est une reconnaissance historique qui permet à Saint-Laurent-du-Maroni de se distinguer par son histoire singulière. « Saint-Laurent dispose d'un patrimoine unique en France, puisque c'était la seule commune pénitentiaire en France. Et du coup, c'est une fierté pour nous tous et pour tout Saint-Laurent», souligne Mickaël Papayo, premier adjoint au maire de la commune contacté par Outremers360.
Le périmètre du Site Patrimonial Remarquable s'étend sur 110 hectares et englobe l'ensemble du centre historique de la ville. «C'est tout le centre-ville de Saint-Laurent qui est concerné», précise l'élu, citant notamment la Maison du sous-préfet, le Camp de la Transportation, la Mairie, l'ancien bourg, l'avenue Générale de Gaulle, la gendarmerie et l'ex-CHOG, l'ancien centre hospitalier.
Cette reconnaissance institutionnelle résulte d'une politique volontariste menée depuis plusieurs décennies. «On a entretenu une politique volontariste pour pouvoir protéger, restaurer et mettre en avant notre patrimoine. C'est un héritage qu'on a hérité depuis l'époque du Bagne», rappelle Mickaël Papayo.
Un levier de développement touristique et économique
Au-delà de la dimension symbolique, ce classement ouvre des perspectives concrètes pour le territoire. Il permet d'accéder à des programmes nationaux de réhabilitation comme le NPNRU et Action Cœur de Ville, offrant ainsi des subventions pour rénover le patrimoine bâti. «Ces programmes nous permettent d'avoir des subventions pour rénover ce patrimoine», explique le premier adjoint. Le SPR instaure également un cadre juridique protecteur : «Cet effort va nous permettre de protéger ce patrimoine, puisque c'est un cadre juridique aussi qui nous permet de protéger, de dire à certains propriétaires de bâtiments classés, attention, même si vous allez rénover vos biens, ces rénovations vont être faites dans un cadre juridique.»
Pour les touristes, ce label constitue un signal fort. «Lorsqu'ils font leur choix de destination, de savoir qu'il y a un SPR en Guyane et précisément à Saint-Laurent-du-Maroni, ça donne un atout pour la commune tant au niveau économique, touristique et patrimoine historique», souligne Mickaël Papayo.
Cap sur l'UNESCO avec des projets ambitieux
Cette reconnaissance nationale n'est qu'une étape vers un objectif plus ambitieux : l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO. "L'objectif de Mme le maire Sophie Charles c'est d'aller au patrimoine mondial de l'UNESCO", affirme le premier adjoint.
Plusieurs projets structurants sont en cours pour renforcer l'offre touristique : transformation de l'ancienne gare ferroviaire, création d'un restaurant gastronomique étoilé dans la maison du receveur des douanes, et conversion de l'hôtel Galibi en établissement hôtelier de standing.
Des outils de gestion comme le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) ou le Plan de Valorisation de l'Architecture et du Patrimoine (PVAP) vont être déployés pour encadrer le SPR et préparer le dossier UNESCO. «D'ici 5-10 ans, j'espère qu'on va y arriver», estime Mickaël Papayo, conscient que le processus sera long puisque «c'est la France qui porte la candidature de la commune».
La ville, qui compte déjà les labels «Ville d'Art et d'Histoire» et le «label touristique», dispose ainsi de plusieurs atouts pour constituer son dossier. «Tous ces labels, ce sont des pièces nécessaires pour constituer le dossier pour l'UNESCO», conclut l'élu.
Pour symboliser l'importance de ce patrimoine, la municipalité a placé la porte du Bagne à l'entrée de la ville. Un geste fort pour témoigner de «ce patrimoine unique et exceptionnel» et rappeler à la population locale la chance de disposer d'un tel héritage historique, considéré comme «un atout majeur pour la communauté».























