Guyane : La Collectivité Territoriale de Guyane interpelle l'Etat au sujet de la vague d'immigration à laquelle fait face le territoire

© Collectivité territoriale de Guyane

Guyane : La Collectivité Territoriale de Guyane interpelle l'Etat au sujet de la vague d'immigration à laquelle fait face le territoire

La Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) était réunie en assemblée plénière ce mercredi 5 mai, afin de rédiger une motion portée à l'attention du président de la République française. Son objectif, engager l’État dans la gestion d'une crise qui impact toutes les institutions, notamment la CTG, qui n'est pourtant pas celle garante sur les questions d'immigration.



Depuis une quinzaine de jours, la Guyane fait face à une vague d'immigration inattendue en cette période de crise sanitaire. Des centaines d'Haïtiens, ayant transité par le Suriname voisin, se présentent aux portes des préfectures afin d'obtenir une demande d'asile. Alors que les frontières sont censées être verrouillées, et que le territoire est en situation précaire en raison de la pandémie, de nombreuses questions se posent, notamment sur les responsabilités passées, présentes et futures quant à la gestion du dossier.
 

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En effet, si la gestion de l'immigration dépend des services de l'État, les impacts eux sont multi-institutionnels. La gestion des enfants, arrivés sans parents, relève de l'Aide Sociale à l'Enfance par exemple, ou encore, leur scolarisation future nécessite des aménagements, ouvertures de postes ou travaux dans les écoles, si ce n'est la construction de nouvelles structures. Autant de problématiques qui impliquent de nombreuses parties-prenantes, mais la première étape, celle de l'entrée sur le sol français, reste celle de l’État.

C'est dans ce cadre que la CTG était réunie ce mercredi 5 mai, dont l'assemblée a permis l'élaboration d'une motion transmise au chef de l’État, demandant expressément à ses services de prendre en charge un dossier d'une ampleur conséquente et qui relève de ses fonctions.
Pour la CTG, cette situation d'immigration en pleine crise sanitaire, dans les difficultés économiques liées que l'on connaît, relèvent « d'une atteinte manifeste à la souveraineté nationale », et les élus « craignent un délitement significatif de notre cohésion sociale ».
 

Rodolphe Alexandre, président de la CTG,  au micro de  Guyane la 1ère à l'issue de l'assemblée de la Collectivité territoriale:  « J'ai souhaité que toute l'assemblée fasse une motion qui soit rapportée au président de la République et aux différents ministères pour que véritablement, on arrête le trafic d'être humain. Qu'on arrête de transformer la Guyane en zone d'asile alors qu'elle n'a plus les moyens, tout en respectant ces personnes, tout en ayant des qualités humaines. Aujourd’hui, on se rend compte que des charters qui de façon improviste se déposent sur l’aérodrome de Paramaribo relèvent fondamentalement d'une forme de corruption, en tout cas d'une forme de trafic d'être humain ».
 ici la motion éditée par la CTG ce mardi 5 mai.

Damien Chaillot