Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé ce mardi 13 janvier 2025, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, qu’il se rendrait « dans quelques semaines » à La Réunion et à Mayotte. Ce déplacement doit s’accompagner d’annonces concernant les moyens de la justice et de l’administration pénitentiaire dans ces territoires.
Interpellé par la députée réunionnaise Émeline K/Bidi sur la hausse du narcotrafic et la saturation des juridictions, le garde des Sceaux a rappelé que « 130 magistrats sont aujourd’hui à La Réunion » et que leurs effectifs « continueront à augmenter ». Il a également indiqué que le Parlement avait accordé « des moyens importants » pour lutter contre le narcotrafic, notamment via le parquet national, appelé à traiter plusieurs centaines de dossiers, y compris ultramarins.
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Renforts judiciaires et nouveaux équipements
Lors de sa visite annoncée, Gérald Darmanin prévoit de rencontrer les personnels pénitentiaires et de formuler des annonces portant à la fois sur l’immobilier judiciaire et sur la gestion de la population carcérale. Parmi les mesures évoquées, un renfort supplémentaire de magistrats et la création d’un nouveau tribunal de proximité à La Réunion, possiblement à Saint-Benoît, dont la première pierre pourrait être posée à cette occasion.
Il y a deux mois, le directeur de l’administration pénitentiaire s’était déjà rendu sur l’île pour échanger avec les syndicats, dans un contexte marqué par de fortes tensions liées à la surpopulation des établissements.
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Une situation carcérale sous forte pression
À La Réunion, les prisons dépassent largement leurs capacités d’accueil. Le centre pénitentiaire de Domenjod, à Saint-Denis, héberge environ 950 détenus pour 575 places, soit une densité supérieure à 230 %. La maison d’arrêt de Saint-Pierre affiche également un taux d’occupation élevé, tandis que le quartier femmes de Domenjod connaît des conditions de détention particulièrement dégradées, selon plusieurs témoignages syndicaux.
Au niveau national, le ministre de la Justice a réaffirmé son objectif de lutter contre la surpopulation carcérale. Il souhaite notamment interdire le recours aux matelas au sol dans un délai de 18 mois après la promulgation d’une future loi, et fixer à terme des seuils maximums d’occupation des prisons. En revanche, il s’oppose à toute régulation automatique du nombre de détenus, estimant que les sorties de prison doivent rester strictement liées aux décisions judiciaires.
Projets pénitentiaires en cours
Concernant La Réunion, l’administration pénitentiaire a confirmé la création d’une prison modulaire de 50 places au Port, avec une livraison envisagée à l’horizon 2027. Ces structures préfabriquées, présentées comme plus rapides et moins coûteuses à construire, doivent répondre aux mêmes standards que les établissements classiques.
Par ailleurs, 36 postes supplémentaires dédiés à la sécurité pénitentiaire doivent être créés dans les trois établissements de l’île d’ici deux ans, accompagnés d’une enveloppe de deux millions d’euros pour améliorer les conditions de travail et renforcer la sécurité.























