Dans une note publiée aujourd’hui, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) constate qu’en 2020, en dépit du contexte de la crise sanitaire du Covid-19, le taux d’emploi des personnes de 15 à 64 ans en Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion est demeuré globalement stable, alors que le volume d’heures travaillées a nettement reculé. Pour l’Insee, c’est le recours massif au chômage partiel qui a permis de préserver les emplois.
L’étude souligne qu’en 2020 le taux d'emploi a globalement résisté dans les départements d’Outre-mer (hors Mayotte), tout comme dans l’Hexagone, « soutenu par le rôle d’amortisseur d’un important secteur administratif et par le recours au chômage technique ou partiel, qui s’est développé pour atténuer les effets de la crise ». Le taux d’emploi « se replie en moyenne annuelle de plus de 1 point par rapport à 2019 en Martinique (56%) et en Guyane (42%). En Guadeloupe, il progresse de 1 point (51%), alors qu’il gagne 2 points à La Réunion (48%) ».
Le volume d'heures effectivement travaillées a diminué en 2020. En Guadeloupe, le volume moyen d'heures travaillées a chuté de 11%. Le recul est moins marqué à La Réunion (– 7%) et en Martinique (– 6%), où les évolutions sont comparables à la France hexagonale (– 7%). « En Guyane, où le secteur public rassemble près d’un emploi sur deux et où le commerce est moins présent que dans les autres DOM, le repli est plus réduit (– 4%) », précise l’Insee.

La note relève l’ampleur inédite du recours au chômage partiel, au rythme des périodes de fermetures administratives et des limitations d’activité. « En Guyane et en Guadeloupe, en moyenne sur l’année 2020, 7% des personnes en emploi se déclarent au chômage partiel, légèrement plus qu’en Martinique et en France métropolitaine (6%). À La Réunion, 4% des personnes sont dans ce cas ».
L’Insee écrit également que « l’arrêt de certaines activités et les restrictions de circulation, en limitant drastiquement les possibilités de rechercher un emploi et la disponibilité pour travailler, ont mécaniquement induit une baisse du taux de chômage, plus forte dans les DOM historiques qu’en France métropolitaine ». Ainsi, le taux de chômage y a atteint son point bas au deuxième trimestre 2020, comme dans l’Hexagone, mais de façon plus prononcée (voir graphique ci-dessous).
Toutefois cette chute est « en trompe-l’œil », selon les auteurs de l’étude. En effet, « la levée du confinement s’est accompagnée d’une vive remontée du chômage au troisième trimestre, où les taux se rapprochent de leurs niveaux de 2019, mais restent généralement en deçà jusqu’à la fin de l’année. »

Le rapport signale aussi que « le halo autour du chômage », structurellement élevé dans les DOM, a augmenté encore en 2020, en raison de l’apport de personnes sans emploi ne remplissant pas toutes les conditions pour être considérées comme chômeurs (par exemple qui n’ont pas effectué de démarche active de recherche et ne sont pas disponibles pour travailler).
« Il augmente de 2 points sur un an en Guyane et en Guadeloupe, où il représente en moyenne sur l’année 2020 respectivement 21% et 13% des 15-64 ans. La hausse est moindre en Martinique et à La Réunion (+ 1 point), où le halo concerne respectivement 11% et 12% des 15-64 ans. En France métropolitaine, 4,3% des 15-64 ans sont dans le halo autour du chômage, soit 0,7 point de plus qu’en 2019 ».
► La note de l’Insee est disponible ici
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