Les trafiquants de l'île de Saint-Martin, aux Antilles, occupent un "rôle stratégique" dans le "haut du spectre de la criminalité organisée liée au trafic maritime de cocaïne", rapporte mardi l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).
Dans cette étude de terrain menée à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, l'OFDT dresse le constat d'une "présence marquée de la cocaïne dans les deux territoires, sa circulation étant favorisée par la proximité des pays producteurs" en Amérique du Sud.
Si Saint-Barthélemy, environ 10.000 habitants, se positionne davantage comme un lieu "de destination des substances", l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, avec ses plus de 30.000 résidents dans sa partie française, "figure comme l'un des multiples maillons de cette chaîne de transport" du trafic de cocaïne, poursuit l'OFDT.
"Les forces de l'ordre interrogées décrivent le rôle stratégique des trafiquants saint-martinois dans le haut du spectre de la criminalité organisée liée au trafic maritime de cocaïne, ceux-ci fournissant des ressources et des moyens aux réseaux d'exportation sud-américains", relate-t-on de même source.
Avant de rapporter les propos d'un représentant de la gendarmerie sur l'île: "À Saint-Martin [les trafiquants] sont considérés comme les spécialistes de la logistique, de la fourniture de moyens pour les transports, etc. Avec ces réseaux-là, du fait de la position géographique de Saint-Martin, il y a le côté assistance, technicien ; ils fournissent des bateaux pour des points de dépose en mer, de la main-d'œuvre..."
"Le trafic maritime de drogues est par ailleurs particulièrement difficile à appréhender localement, en raison de la binationalité de l'île et de la proximité des territoires insulaires voisins par lesquels transite également la cocaïne à destination de l'Europe", estime l'organisme à propos de Saint-Martin, territoire partagé entre la France et les Pays-Bas.
Selon les autorités françaises, à la mi-décembre, plus de 35,7 tonnes de produits stupéfiants avaient été saisis en 2025 par la Marine nationale dans la zone maritime des Antilles.
Par ailleurs, le dispositif 100% contrôle des passagers à l'aéroport Félix-Eboué pour lutter contre le phénomène des mules en Guyane puis le renforcement des contrôles en Guadeloupe et Martinique, ont provoqué, selon les forces de l'ordre, "une troisième vague de contournement du trafic par passeurs aériens de cocaïne, qui transitent progressivement via les deux aéroports" de Saint-Martin, avance l'OFDT.
Si "une première opération locale de 100 % contrôle à l'aéroport de Grand-Case en juillet 2025" a été mise en place, l'aéroport international Princess-Juliana, du côté néerlandais de l'île, se situe "hors de portée des autorités françaises".
Dans cette enquête, l'OFDT met également en avant une "accessibilité" de la cocaïne "favorisant les usages".
"À Saint-Martin, le prix au gramme relevé au moment de l'enquête se situe entre 15 et 20 euros, soit environ trois fois inférieur à celui observé en France hexagonale en 2023, compris entre 50 et 60 euros", souligne l'OFDT, quand le produit s'échange entre 20 et 50 euros le gramme à Saint-Barthélemy.
Avec AFP























