Vanille de Tahiti : l'IGP passe bientôt en enquête publique

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Vanille de Tahiti : l'IGP passe bientôt en enquête publique

Après avoir déposé le dossier en août, la filière vanille poursuit sa démarche pour obtenir une indication géographique protégée. Les professionnels réunis au sein de l’association interprofessionnelle voient s’ouvrir une nouvelle étape, avec une enquête publique prévue pour bientôt. Durant cette période, l’organisation entend se mobiliser pour informer sur les bénéfices de ce label, et répondre aux questions des producteurs et exportateurs, afin d’éviter d’éventuelles oppositions. Détails avec notre partenaire Radio 1.

Regroupés au sein de l’Association interprofessionnelle de la vanille de Tahiti (AIVDT), plusieurs professionnels, soutenus par le Pays et l’Épic Vanille de Tahiti, ont déposé en août dernier le dossier officiel d’Indication géographique protégée (IGP). Une démarche qui fait écho à plus de dix ans de discussions et à un travail amorcé dès 2017. Pour la filière, cette labellisation représente une opportunité « de se démarquer, de valoriser le secteur et de protéger les emplois ».

L’instruction administrative du dossier est en cours. Une fois cette étape franchie, la Direction de l’agriculture ouvrira une enquête publique de deux mois afin de recueillir les avis du public et les éventuelles oppositions.

« Une gousse sur quatre n’était pas conforme à la réglementation »

Pendant cette période, l’organisation interprofessionnelle organisera une campagne d’information destinée aux producteurs, préparateurs et exportateurs. Après une fréquentation plutôt faible au symposium d’octobre dernier, l’association a bien l’intention de se mobiliser et de répondre aux questions des professionnels.

Première étape : rappeler que le label repose sur une démarche volontaire : « tout professionnel sera libre de choisir de rester 100 % en traditionnel non labellisé, ou de tout basculer en vanille de Tahiti labellisée ». L’AIVDT prévoit aussi « d’exposer, à travers des réunions d’information et des supports (livret, vidéos, site internet, réseaux sociaux), l’intérêt de la professionnalisation de la filière », en s’appuyant notamment sur une enquête menée en 2022 qui a montré « qu’une gousse sur quatre n’était pas conforme à la réglementation », certaines étant « épuisées » ou « trempées dans un arôme à saveur vanille ».

« L’IGP différenciera la vanille produite en Polynésie de celle de Madagascar »

Mondialement reconnue mais régulièrement imitée, la vanille de Tahiti ne bénéficie aujourd’hui d’aucune protection officielle. L’IGP offrirait donc un cadre clair, capable d’écarter les contrefaçons ou produits importés vendus sous le même nom. « Certains professionnels utilisent le nom botanique Vanilla tahitensis pour promouvoir et commercialiser leur vanille produite hors de Polynésie française », explique l’association. Ce label garantirait également une traçabilité renforcée et une meilleure lisibilité pour les marchés étrangers. « L’IGP différenciera la vanille produite en Polynésie française de celle produite à Madagascar ou dans d’autres pays qui souffrent régulièrement de fluctuation brutale des prix », souligne l’AIVDT.

Toujours dans le cadre de cette mission d’information, l’association entend aussi « démontrer l’intérêt financier de ce label ». Pour suivre les effets de l’IGP sur le marché polynésien, l’organisation interprofessionnelle prévoit donc « de définir des outils de mesures afin de suivre la performance et le bénéfice de la labellisation dans le temps ».

À noter qu’une démarche similaire de la part des producteurs de rhum polynésien poursuit également son chemin  : l’enquête publique lancée fin octobre arrive à son terme le 31 décembre.

Par Radio 1