Transfert d’Air Calédonie à Tontouta : vers une fermeture exceptionnelle des aérodromes des îles ?

Transfert d’Air Calédonie à Tontouta : vers une fermeture exceptionnelle des aérodromes des îles ?

Opposés au déménagement des activités d’Air Calédonie de Magenta vers l’aéroport international de La Tontouta, les coutumiers des îles ont fait savoir qu’un mouvement de contestation serait organisé en fin de semaine, avec la fermeture des aérodromes de Lifou, d’Ouvéa, de Maré et de l’île des Pins, les 20 et 21 février, ainsi que le 2 mars. Une marche est également prévue à Nouméa, vendredi 20 février. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes. 

La rentrée s’annonce agitée pour Air Calédonie. En pleine préparation du déménagement de ses activités de Magenta vers l’aéroport international de La Tontouta, la compagnie aérienne va devoir composer avec la colère des usagers des îles. 

Les chefs coutumiers des trois îles Loyauté et de l’île des Pins ont en effet annoncé la tenue d’un mouvement de contestation d’ici la fin de la semaine. Les quatre aérodromes seront fermés vendredi 20 et samedi 21 février, ainsi que lundi 2 mars, date à laquelle les premiers vols d’Air Calédonie à l’arrivée et au départ de Tontouta doivent avoir lieu.

« On veut clairement faire entendre le mécontentement de la population des îles au sujet de ce déménagement », lâche Pierre Ukajo, premier vice-président du comité de coordination coutumière de Drehu (Lifou), créé en fin d’année dernière par les chefferies des différents districts pour organiser l’opposition à ce projet porté par le 18e gouvernement.

Les habitants des îles avaient déjà fait part de leurs inquiétudes lors de la tournée d’informations menée par l’exécutif aux Loyauté et à Kunié. « Le problème, c’est la distance avec Nouméa, où tout est concentré », poursuit Pierre Ukajo. « La route est longue, il n’y a rien à Tontouta et, en cas d’annulation de vols, on sera obligés de faire un nouvel aller-retour vers Nouméa, ce n’est pas normal. » 

Hapela Gope, président du comité d’Ouvéa, partage ces préoccupations. « Les écoles, les centres de santé, les commerces… Avec ce transfert, on sera éloignés de tout. »

« Rassemblements pacifiques »

La grogne des îliens n’a pas suffi à modifier les plans du gouvernement, motivés par les 500 millions de francs d’économies que ce transfert doit offrir à Air Calédonie, très mal en point financièrement. « C’est un changement difficilement acceptable et accepté, mais si on ne le fait pas, on est sûr de tuer Aircal et donc la connectivité entre les îles », avait justifié le président du gouvernement, Alcide Ponga, le 26 novembre.

« On continuera de demander l’annulation du déménagement vers Tontouta », affirme Pierre Ukajo. Des « rassemblements pacifiques » se tiendront près des quatre aérodromes durant les trois jours de fermeture exceptionnelle. Les gendarmeries des quatre îles ont été informées de la mobilisation, précise ce dernier. 

« La piste restera libre en cas d’évacuations sanitaires », indique Hapela Gope. En parallèle, une marche sera organisée vendredi 20 février, à partir de 7 heures, à Nouméa. Les organisateurs donnent rendez-vous aux usagers d’Air Calédonie au boulodrome de la Vallée-du-Tir. « On se rendra devant le gouvernement, le haut-commissariat et le Congrès, et on finira la marche devant le siège social d’Air Calédonie, à l’entrée de la Vallée-du-Tir », annonce Pierre Ukajo.

Contactée, la direction d’Air Calédonie a indiqué attendre davantage d’informations sur ce mouvement, avant d’adapter éventuellement le programme de vols de la fin de semaine. À la publication de l’article, le gouvernement n’avait, quant à lui, pas encore réagi à nos sollicitations.

Baptiste Gouret pour Les Nouvelles Calédoniennes