Réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie : « le statu quo n'est pas viable », prévient Lecornu au Sénat

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Réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie : « le statu quo n'est pas viable », prévient Lecornu au Sénat

« Le statu quo n'est pas une option viable » et reviendrait à abandonner « les idéaux républicains, le progrès social et la construction renouvelée de la paix sur le territoire », a déclaré mardi Sébastien Lecornu en ouverture de l'examen de la réforme constitutionnelle sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Défendant au Sénat un texte qui serait le « point de départ » d'une sortie de crise durable, le Premier ministre a averti les sénateurs que, s'il était rejeté, ce serait « la première fois que le Parlement refuserait d'être le notaire d'un accord conclu entre les parties calédoniennes ».

Le gouvernement espère convaincre le Parlement de voter ce texte, qui retranscrit les deux accords conclus avec la majorité des forces politiques calédoniennes, celui de Bougival (juillet 2025) et celui de l'Élysée-Oudinot, signé en janvier 2026 sous l'égide d'Emmanuel Macron. Le FLNKS, qui avait signé Bougival l’an dernier s’en est finalement retiré et n’a pas participé aux négociations sur le second accord. 

Ces accords prévoient notamment la création d'un État calédonien inscrit dans la Constitution française, doté d'une nationalité propre et pouvant être reconnu internationalement, mais sont rejetés par le principal mouvement indépendantiste. Le Sénat devrait, sauf surprise, adopter le texte mardi dans la soirée, mais l'examen s'annoncera beaucoup plus incertain à l'Assemblée nationale.

« Cet accord de Bougival n'est pas parfait » mais il est « ce que nous avons fait émerger collectivement de mieux en quatre années de négociations », juge Sébastien Lecornu, rappelant que les partenaires calédoniens indépendantistes et loyalistes ne se parlaient plus jusqu'alors dans ce territoire ravagé par les émeutes meurtrières de mai 2024.

Le Premier ministre a détaillé les contours du « pacte de refondation » économique et sociale pour la Nouvelle-Calédonie, chiffrant le soutien exceptionnel de l'État à deux milliards d'euros sur cinq ans.

« Le plan que propose le gouvernement engagera près de 330 millions d'euros sur cinq ans pour renforcer l'attractivité du territoire », a-t-il précisé, évoquant la création de zones franches, une baisse de l'impôt sur les sociétés et un dispositif de défiscalisation pour reconstruire les bâtiments détruits lors des émeutes de mai 2024.

Il a conditionné un soutien supplémentaire de 500 millions d'euros en 2026 à la filière du nickel, ressource-clé de l'archipel calédonien mais en grande difficulté, à l'élaboration d'un « plan de transformation crédible » au cours du premier semestre. « Soutenir et accompagner, oui. Subventionner indéfiniment des pertes, non », a-t-il déclaré.

Avec AFP