Le parti a réuni ses militants, samedi 7 février au Dock socioculturel de Païta, pour dévoiler la stratégie adoptée en vue des élections municipales. En s’associant à Calédonie ensemble dans huit communes, l’Éveil océanien entend porter le principe d’une « voie médiane », seule alternative, selon ses représentants, à la radicalité des « deux blocs ».
« Alternative, centrale, progressiste, sociale. » Les mots-clés s’affichent sur l’écran, devant les 700 militants et sympathisants de l’Éveil océanien réunis samedi 7 février dans la salle du Dock socioculturel, à Païta. Un condensé de ce que prévoit d’incarner le parti en 2026, une « année fondamentale » qui va « déterminer dans quelle direction décide de s’orienter le pays », a affirmé son président, Milakulo Tukumuli. « Les extrêmes ou le centre ? » Face à « deux blocs », indépendantistes et loyalistes, qui gagnent en radicalité, « il y a un chemin », veut-il croire.
Une alliance consolidée
C’est cette « stratégie de la voie médiane », que le mouvement est venu présenter à l’occasion de son conseil politique, organisé dans son fief de Païta, où la communauté wallisienne, qui fait le gros de son électorat, est surreprésentée.
Sur la scène du Dock socioculturel, les grandes figures du parti se sont succédé au micro, d’abord pour revenir sur la séquence de discussions à Paris ayant abouti à la signature de l’accord Elysée-Oudinot, le 19 janvier, mais surtout pour aborder les élections municipales de mars.
Parmi eux, un invité offrait quelques indices sur la tactique adoptée pour cette nouvelle échéance politique. Philippe Dunoyer, membre de Calédonie ensemble, comptait parmi les intervenants de la matinée. Venu présenter les grandes lignes du pacte économique négocié avec l’État, sa présence avait d’abord pour objectif de consolider l’alliance entre les deux partis, déjà matérialisée par la création, mi-décembre, d’un intergroupe au Congrès.
« Cette voie du centre, elle est aussi portée par Calédonie ensemble », juge Milakulo Tukumuli, qui veut faire de cette union le moyen de « préserver le « nous », le faire grandir, le promouvoir », dans un pays où « le vivre-ensemble a disparu ». Le parti, fondé en 2019, croit en ses chances. Dans les cinq communes où l’Éveil océanien portait un candidat en 2020, le score obtenu aux législatives affiche un gain « de 4 000 voix », fait remarquer Joseph Amole, actuel conseiller municipal à La Foa.
Qui pour Nouméa ?
L’alliance entre les deux partis va se traduire par des ralliements dans huit communes du territoire. À Bourail, l’Éveil océanien annonce soutenir Patrick Robelin, maire sortant et candidat sans étiquette. Le parti se rangera également derrière la candidature de Stevens Kaouda, déjà soutenu par Calédonie ensemble, à La Foa.
À Yaté, Johan Mapou, troisième de la liste du maire sortant Victor Gouetcha aux élections de 2020, portera les couleurs de l’Éveil océanien. Le parti soutiendra également, à Thio, la « liste d'ouverture » portée par Teva Puahio. Dans l’agglomération, les anciens candidats rempileront : Petelo Sao au Mont-Dore, Vaimu’a Muliava à Dumbéa et Milakulo Tukumuli à Païta.
Reste une inconnue : Nouméa. « Les discussions sont toujours en cours, on ne vous révélera rien aujourd’hui », a indiqué le président de l’Éveil océanien. Tout porte à croire, néanmoins, que la liste devrait être tirée par le binôme Philippe Dunoyer-Veylma Falaeo. La présidente du Congrès s’était déjà présentée dans la capitale en 2020, et avait remporté deux sièges avec 7,02 % des voix. La liste de la candidate de Calédonie ensemble, Magali Manuohalalo, en avait récolté 8,82 %.
Baptiste Gouret pour Les Nouvelles Calédoniennes























