Deux exploitants d'une décharge illégale ayant enfoui l'équivalent de 40 piscines olympiques de déchets dans la vallée de la Punaru'u, en Polynésie française, ont été mis en examen, a annoncé mercredi (jeudi à Paris) le parquet de Papeete.
Au total, 101 413 mètres cubes de déchets de toutes catégories, « soit l'équivalent de 40,5 piscines olympiques », et 124 véhicules hors d'usage ont été enfouis sans autorisation ni mesure de protection sur deux sites de cette vallée située à une quinzaine de kilomètres au sud de Papeete, entraînant « des pollutions significatives du milieu naturel », selon le parquet.
L'un des exploitants a été placé sous contrôle judiciaire, le second en détention provisoire. Ce dernier avait déjà été condamné « notamment pour des faits similaires », précise la procureure Solène Belaouar dans un communiqué.
L'enquête, ouverte en octobre 2023 par l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement (OCLAESP) et le groupe interministériel de recherches de la gendarmerie, a permis d'identifier 684 clients de cette décharge, « pour l'essentiel des entreprises du BTP ».
Le bénéfice tiré de l'exploitation de ces sites est évalué « a minima » à 260 millions de francs Pacifique (2,18 millions d'euros). Les entreprises clientes, en utilisant cette filière illicite, ont évité de recourir aux filières autorisées, plus onéreuses.
Lors d'une vaste opération les 14 et 15 janvier, huit personnes ont été interpellées : « les deux exploitants des deux sites litigieux et les six représentants légaux des entreprises du BTP les plus impliquées ». Le parquet a ordonné la saisie de près de 197 millions de francs Pacifique sur leurs comptes bancaires et contrats d'assurance-vie.
Les mis en cause encourent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement pour des infractions allant de l'exploitation sans autorisation d'une installation classée au jet de déchets dans les eaux, en passant par l'escroquerie et le travail dissimulé.
« Cette procédure pénale dans laquelle ont été engagés des moyens d'enquête conséquents illustre que les enjeux environnementaux sont pleinement pris en compte (...) comme étant une forme de criminalité grave et prioritaire » en Polynésie, souligne la procureure.
Avec AFP























