La Polynésie mobilise 1,5 milliard de Fcfp pour renforcer ses aires marines protégées

© Présidence de la Polynésie

La Polynésie mobilise 1,5 milliard de Fcfp pour renforcer ses aires marines protégées

Dans la continuité des engagements pris en juin 2025 lors de la Conférence des Nations unies sur les océans (UNOC), et avec le soutien du Te Moana Collective à hauteur de 15 millions d'USD - 1,5 milliards de Fcfp -, le Pays vise la création et la mise en œuvre d’au moins 500 000 km² d’AMP de protection stricte supplémentaires autour des îles Australes et des îles Marquises d’ici la Journée mondiale de l’océan, le 8 juin 2026.Précisions avec notre partenaire TNTV.

 

La Polynésie française renforce concrètement sa souveraineté bleue. Ce vendredi, Moetai Brotherson a reçu une délégation internationale du Te Moana Collective, pour consolider les moyens dédiés à la gestion des aires marines protégées (AMP).

Ce partenariat stratégique s’inscrit dans la continuité des engagements pris en juin 2025, à Nice, lors de la Conférence des Nations unies sur les océans (UNOC). Le Pays y avait acté la création de la plus vaste aire marine protégée au monde : 4,8 millions de km², couvrant l’ensemble de sa Zone économique exclusive, soit une surface équivalente à celle de l’Europe.

Cette AMP géante comprend déjà 900 000 km² en protection stricte, notamment aux Gambier et dans les îles de la Société, ainsi que 186 000 km² réservés à la pêche artisanale. D’ici au 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, le gouvernement vise la création d’au moins 500 000 km² supplémentaires d’aires strictement protégées autour des îles Australes et des Marquises.

Pour accompagner cette ambition, les membres du Te Moana Collective ont confirmé un engagement financier d’au moins 15 millions de dollars US, soit environ 1,5 milliard de Fcfp, jusqu’en 2027. « Contrairement aux modèles classiques d’aide, ces fonds seront pilotés selon les priorités du Pays, à travers la création prochaine d’une structure financière locale dédiée. Cet outil souverain garantira que les financements soient alloués efficacement aux besoins du terrain et à la pérennité des actions » , précise le gouvernement dans un communiqué.

Le financement soutiendra quatre axes prioritaires : le renforcement de la surveillance de la ZEE, l’intégration des savoirs traditionnels et du rāhui dans la gouvernance, le soutien à une pêche durable et à la souveraineté alimentaire, ainsi que la recherche scientifique et la protection de la biodiversité, notamment aux Gambier.

« Quand on met en place des aires marines protégées, se pose immédiatement la question du management et de la gestion, qui induisent des coûts », rappelle Moetai Brotherson. « Il ne suffit pas de décréter qu’on protège une zone. Il faut pouvoir y aller, contrôler, surveiller. Tout ça coûte de l’argent (…). Protéger de si vastes zones signifie qu’on n’y a plus accès pour faire ce qu’on faisait habituellement, à savoir pêcher ou d’autres choses (…). Il faut proposer des alternatives, comme l’écotourisme ou la plongée, pour permettre aux populations de se diversifier. Ce sont aussi des domaines où ces organisations peuvent nous aider », conclut-il.

La délégation internationale poursuivra sa mission cette semaine sur le terrain, aux Gambier, en lien avec les comités locaux, les professionnels de la pêche et les autorités institutionnelles. En parallèle, la signature d’un protocole d’entente complémentaire avec la Blue Nature Alliance pour sécuriser des mécanismes de financement durable à long terme – fonds fiduciaires ou des obligations bleues – a été acté par la présidence.

Par TNTV.