La Station N à Nouville, récemment inaugurée, a été choisie par Christopher Gygès, membre du gouvernement chargé de la transition énergétique et des énergies renouvelables, pour révéler, en présence de représentants de la province Sud et de la Direction de l’Industrie, des mines et de l’énergie (DIMENC), le nom des lauréats de l’appel à projets de la huitième période d’instruction photovoltaïque pour 80 mégawatts, ce jeudi 31 mars 2022.
L’annonce de ce jeudi 31 mars fait suite à la décision du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui a autorisé, le mercredi 9 mars 2022, l’exploitation de centrales photovoltaïques pour un total de 80 MWc, répartis en trois projets. En termes de puissance totale, bien que réparti en 3 chantiers, il s’agit de la plus grande ferme solaire jamais autorisée dans les outre-mer Français, et une nouvelle étape vers la transition énergétique et la décarbonation de l’énergie et la métallurgie du territoire.
En effet, l’industrie métallurgique est la première consommatrice de l’énergie produite en Nouvelle-Calédonie, avec plus de 70 % de la consommation totale, et pousse les gouvernements à mettre l’accent sur la création de mix énergétiques importants, notamment lorsqu’il s’agit d’alimenter les usines métallurgiques du territoire, clé de voûte du développement du « Nickel vert » souhaité et annoncé en juin 2021.
Les trois centrales seront déployées sous 24 mois. Le projet « Soleil de l’Aiguillon » de la société Akuo Energy, d’une puissance maximale de 35 MWc, sera mis en place à Prony. Le projet « PV Koutio Kouéta » de la société Eole Kafeate, d’une puissance maximale de 25 MWc, sera installé sur le site d’endigage de Koutio-Kouéta. Enfin, le projet « Païta PV », de la société Vergnet Pacific, d’une puissance maximale de 20 MWc se situera à Païta.
Le chemin de l’indépendance énergétique
S’il s’agit dans un premier lieu de permettre le verdissement et à la compétitivité du secteur métallurgique, il s’agit également de réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures ainsi que la facture énergétique globale, mais aussi de permettre une diminution des émissions de gaz à effet de serre d’environ 86 500 tonnes de CO2 par an. Quant au tarif moyen, de 4,6 francs/kWh, il sera pratiquement divisé par deux par rapport à la période d’instruction précédente. « Une grande économie pour le système électrique », selon Christopher Gygès.
Avec 80MW, cette huitième période d’instruction représente presque la moitié de capacités nouvelles par rapport à la puissance de 200MW déjà installée. Le gouvernement prévoit d’ores et déjà l’exploitation de 230 MW dans la prochaine Programmation pluriannuelle d’investissements (PPI), et envisage une puissance photovoltaïque totale du territoire d’environ 500 MW pour la fin 2023.
Des efforts devront alors se poursuivre avec l’ouverture de 100 nouveaux mégawatts par an, pendant dix ans. Pour Christopher Gygès : « Cela nous permettra d'atteindre 100 % d'énergie renouvelable dans la distribution publique, alors que nous nous étions fixé cet objectif à 2030, dans le cadre du schéma de transition énergétique ».
Damien Chaillot























