La Nouvelle-Calédonie renégocie le remboursement de son PGE à 234,64 millions d’euros

La Nouvelle-Calédonie renégocie le remboursement de son PGE à 234,64 millions d’euros

©Facebook / Thierry Santa

Le gouvernement calédonien a bon espoir que l’État transforme une « grande partie » du prêt contracté en mai dernier en subvention. Le sujet a été abordé avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu. Mais il ne s’agirait de rembourser que les frais liés à la protection de la Calédonie contre le Covid. Quarantaines à l’hôtel, rapatriements… Pas sûr que la Polynésie puisse prétendre à la même ristourne. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.  

Le 14 mai dernier, le président calédonien Thierry Santa contractait, avec la bénédiction et la garantie de l’État, un emprunt de 28,5 milliards de francs (234,64 millions d’euros) auprès de l’Agence française de développement (AFD). Un prêt qui a beaucoup fait débat sur le Caillou, avant le référendum d’octobre, notamment sur la question des contreparties accordées par le gouvernement.

Face aux critiques, Thierry Santa avait expliqué, à la mi-septembre, qu’il avait bon espoir que l’État transforme cet emprunt en « subvention directe », évitant à la collectivité de devoir le rembourser. Rappelant que la Polynésie avait emprunté la même sommes à l’AFD en août, le président calédonien avait même appelé son homologue Édouard Fritch à « porter ensemble cette démarche ».

Du côté de Papeete, le coup de coude est resté sans suite. Mais les élus calédoniens n’ont visiblement pas renoncé, et comptent sur le passage du ministre des Outre-mer à Nouméa pour avancer sur cette demande. Après deux semaines de quatorzaine obligatoire, Sébastien Lecornu a entamé une tournée des institutions calédoniennes vendredi.

Entre deux discussions sur l’avenir institutionnel, le gouvernement de Nouméa n’a pas manqué de l’interpeller sur « la réalité de la crise économique actuelle », qui justifierait, pour Thierry Santa un allègement de la dette de la collectivité. À l’entendre, le message est passé : « Je salue la volonté du ministre de transformer une grande partie du prêt en subvention pour tenir compte de l’impact de la crise sanitaire sur notre économie », a écrit le président dans un post Facebook à l’issue de la rencontre.

L’État pourrait rembourser les mesures de quarantaine

Le ministre va-t-il effacer l’ardoise ? Pas si sûr. D’après NC la 1ère, le ministre aurait seulement « indiqué qu’il allait étudier la possibilité de transformer une partie du prêt AFD de 28,5 milliards de francs en subvention ». En ce début de semaine, Sébastien Lecornu s’est montré encore plus prudent : « Le transformer en subvention, ça n’est pas tout à fait d’actualité à l’heure où je vous parle », a-t-il expliqué, contredisant donc les affirmations de Thierry Santa.

L’État considérant la répartition des compétences prévues par le statut de la Nouvelle-Calédonie, pourrait en revanche intervenir pour compenser « les dépenses sanitaires visant à prémunir le Caillou du Covid-19 vis-à-vis de l’extérieur ». Toujours d’après NC la 1ère Sébastien Lecornu aurait ainsi proposé la mise en place d’une équipe « pour documenter les différentes dépenses, regarder exactement ce qui a été décaissé, ce qui peut être décaissé encore dans les temps qui viennent ». La chaîne précise que la Nouvelle-Calédonie a déjà dépensé 9 milliards de francs pour « gérer les arrivées sur le territoire, les rapatriements ou encore les quatorzaines obligatoires à l’hôtel ».

Ces discussions ont de quoi inspirer la Polynésie, qui a emprunté la même somme, et selon des termes équivalents (remboursable sur 25 ans avec deux ans de différé). Le Pays pourrait pointer que les conséquences économiques de la crise risquent d’être plus fortes au fenua qu’en Nouvelle-Calédonie, vu l’importance du tourisme au fenua. Mais le fenua a beaucoup moins dépensé en matière de protection contre l’importation du virus.

Si des mesures de quarantaine (jusqu’en juillet) et de gestion des arrivants ont bien été mis en place, les 28 milliards d’emprunt visaient surtout à « compenser les conséquences financières de la crise sanitaire », notamment pour assurer le coût mesures d’urgence et d’aides aux particuliers et aux entreprises. Et après l’obtention du prêt de l’AFD, 9,6 milliards ont été prêtés à la CPS par le Pays, en plus des 6,9 milliards de Fcfp du Fades qui ont été remboursés à la CPS par anticipation.