Sept délégués d’organisations syndicales de Air Tahiti Nui, notamment représentées chez les PNC et les pilotes, se sont désolidarisées, ce mercredi, d’un courrier du « collectif ATN », jugé « alarmiste ». Une communication faite à la veille d’un conseil d’administration… finalement reporté pour « raisons administratives ». L’arrêté de nomination des nouveaux administrateurs n’a en effet pas pu être adopté à temps ce mercredi après un retard de transmission de l’avis favorable de l’assemblée. La nomination de Lionel Guérin comme nouveau directeur général attendra encore un peu. Explications de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Air Tahiti Nui en train de se « désintégrer » ? Tout le monde n’est pas de cet avis au sein du personnel. Deux jours après la diffusion d’un courrier très alarmant sur la situation, la gouvernance et la trajectoire de la compagnie, sept délégués syndicaux s’en sont désolidarisés ce mercredi.
Des représentants de la SPNT et du SPNL, très représentés chez les pilotes, de A tia i mua, majoritaire chez les PNC ainsi que des cinq centrales syndicales du privé (CSTP-FO, Otahi, O oe to oe rima et CSIP), diversement représentées au sein de la compagnie. Des syndicalistes qui précisent ne pas « cautionner » et ne pas avoir été signataires du courrier de lundi, contrairement à certains de leurs homologues de l’UPA, organisation majoritaire chez les personnels au sol, ainsi que du syndicat Synaco, minoritaire chez les PNC.
Les sept délégués regrettent la diffusion de cette missive de 11 pages, transmise au président du Pays, au Haut-commissaire, aux administrateurs de la Sem et à de nombreux élus et représentants institutionnels : « Toute prise de position engageant l’image de la compagnie devrait par principe faire l’objet d’un minimum de concertation et de validation au sein des instances représentatives », précise le communiqué. Avant de souligner que « la situation actuelle d’ATN appelle à responsabilité, rigueur et sens de l’intérêt général, et ne saurait se satisfaire de communications publiques alarmistes et partielles ».
Dans le même temps, certains élus du comité d’entreprise ont tenu à rappeler, dans une communication interne, que le courrier en question, bien que signé par des membres et responsables de l’instance, n’avait pas fait l’objet de discussions ou de délibération collective. Une façon de « lever toute ambiguïté quant à la portée institutionnelle » de la lettre de 11 pages, « sans préjuger du fond ni des positions individuelles ou syndicales pouvant être exprimées par ailleurs ». Autant de prises de parole qui confirment les tensions du climat social dans l’entreprise, à la veille de décisions importantes.
Conseil d’administration reporté
Un conseil d’administration devait se réunir ce jeudi pour acter la nomination de Lionel Guérin en tant que directeur général d’Air Tahiti Nui en remplacement de Philippe Marie. Un choix qui implique de priver l’actuel PDG d’Air Moana -dont rien, à ce stade, n’indique qu’il renoncerait à ce mandat avant de prendre les rênes d’ATN- de son siège d’administrateur que le gouvernement Brotherson lui avait confié en mars, et qui est incompatible avec une fonction exécutive.
Un arrêté de révision des représentants du Pays au conseil d’administration a donc été préparé -Lionel Guérin y est remplacé par la directrice du budget Sandra Shan Sei Fan et le président de la commission de l’économie de l’assemblée Tematai Le Gayic y prend une place au passage- et transmis à l’assemblé pour un avis obligatoire.
Un avis de la Commission de contrôle budgétaire (CCBF) qui a bien été rendu : il est favorable malgré les questions de certains élus restés sans réponse pendant la séance, où ni le président, ni son directeur de cabinet n’étaient présents. Sauf que, d’après nos informations, cet avis n’a pas été transmis à temps au gouvernement pour être pris en compte lors du conseil des ministres de ce mercredi. Résultat : les changements d’administrateurs devront attendre une date ultérieure, et le conseil d’administration aussi. Il a donc été reporté pour « raisons administratives », et sans nouvelle date annoncée.
Ce n’est pas la fin des démarches pour donner les commandes de la compagnie à Lionel Guérin. Les statuts de Air Tahiti Nui doivent aussi être modifiés pour ne pas que l’ancien d’Air France ou Transavia, soit déclaré démissionnaire d’office en avril lors de ses 70 ans, la limite d’âge actuel pour le poste de directeur général de la compagnie internationale polynésienne.
Charlie René pour Radio 1 Tahiti























