Mayotte : Une nouvelle directrice de cabinet et un nouveau sous-préfet à la lutte contre l’immigration arrivent à la préfecture

Mayotte : Une nouvelle directrice de cabinet et un nouveau sous-préfet à la lutte contre l’immigration arrivent à la préfecture

La préfecture de Mayotte s’apprête à accueillir une nouvelle directrice de cabinet auprès du préfet, ainsi qu’un nouveau sous-préfet chargé de la lutte contre l’immigration clandestine, respectivement Camille Dagorne et Vincent Vallet. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.

Une nouvelle directrice de cabinet a récemment été nommée auprès du préfet de Mayotte. Camille Dagorne succèdera à Aurélien Diouf qui rejoindra dans quelques semaines le Ministère de l’Intérieur. Administratrice territoriale, elle a effectué l’essentiel de sa carrière entre collectivités locales et administration de l’État.

Diplômée de l’Institut national des études territoriales (INET), l’école qui forme les hauts cadres des collectivités territoriales, elle débute sa carrière dans la gestion financière des départements. Elle occupe d’abord les fonctions de directrice des finances au conseil départemental du Lot entre 2013 et 2016. Elle rejoint ensuite le département des Côtes-d’Armor où elle exerce les responsabilités de directrice financière et juridique, participant à la conduite budgétaire et à la sécurisation des décisions administratives.

En 2020, Camille Dagorne rejoint le corps préfectoral. Elle est alors nommée sous-préfète chargée de mission auprès du préfet de La Réunion. Dans ce cadre, elle participe au suivi de plusieurs politiques publiques conduites par l’État dans le territoire ultramarin et travaille sur des dossiers transversaux impliquant plusieurs services administratifs.

Après cette expérience en préfecture, elle est appelée à rejoindre l’administration centrale. Elle devient directrice du cabinet du directeur général des outre-mer (DGOM) au ministère de l’Intérieur et des Outre-mer. À ce poste, elle participe à la coordination des dossiers ultramarins au niveau national et au suivi des politiques publiques conduites par l’État dans ces territoires.

Sa nomination à la direction de cabinet du préfet de Mayotte s’inscrit ainsi dans un parcours marqué par des responsabilités à la fois dans les collectivités territoriales, dans les services déconcentrés de l’État et au sein de l’administration centrale.

Dans l’organisation préfectorale, la direction de cabinet constitue l’un des postes les plus sensibles. Le directeur ou la directrice de cabinet assiste directement le préfet dans la gestion des dossiers prioritaires, notamment en matière de sécurité, de gestion des crises et de coordination avec les force de l’ordre.

À Mayotte, ces responsabilités prennent une dimension particulière. Le territoire fait face depuis plusieurs années à des tensions importantes liées à la sécurité publique, à la lutte contre l’immigration clandestine et aux opérations de résorption de l’habitat informel. Dans ce contexte, la direction de cabinet joue un rôle essentiel dans l’organisation de l’action de l’État et dans la coordination des interventions des différents services.

Sur la lutte contre l’immigration clandestine, la préfecture accueillera aussi un nouveau sous-préfet chargé de cette problématique : Vincent Vallet, qui succède à Jérôme Mallet. Cette nomination intervient dans un contexte particulièrement tendu autour de la question migratoire dans le 101e département.

Le nouveau sous-préfet arrive avec une expérience déjà acquise au sein du corps préfectoral. Avant cette affectation, Vincent Vallet occupait les fonctions de directeur de cabinet de la préfète de l’Allier. À ce poste, il participait notamment à la coordination des politiques de sécurité et à la gestion de dossiers sensibles relevant de l’action de l’État.

Sa prise de fonctions à Mayotte s’inscrit dans un dispositif administratif très spécifique. Le poste de sous-préfet chargé de la lutte contre l’immigration clandestine constitue l’un des rouages essentiels de l’action de l’État dans le département. Il consiste à coordonner les différents services mobilisés dans ce domaine, qu’il s’agisse des forces de police, de la gendarmerie, de la préfecture, mais aussi des moyens maritimes engagés dans la surveillance du lagon.

À Mayotte, la lutte contre l’immigration clandestine se mène à la fois sur terre et en mer. Les opérations de surveillance maritime visent à intercepter les embarcations de migrants clandestins qui tentent de rejoindre l’île depuis l’archipel des Comores ou l’Afrique, tandis que les services de l’État mènent régulièrement des opérations de contrôle et d’éloignement sur le territoire.

Ces actions s’inscrivent dans un contexte de forte pression migratoire qui alimente depuis plusieurs années les tensions sociales et politiques dans l’île. Une partie de la population exprime régulièrement son insatisfaction face à l’ampleur du phénomène et à ses conséquences sur la sécurité, les services publics et les conditions de vie. Dans ce contexte, Vincent Vallet devra rapidement s’emparer de dossiers particulièrement sensibles.

La coordination des opérations de lutte contre les filières de passeurs, l’organisation des reconduites à la frontière ou encore la gestion des opérations de contrôle sur le territoire figurent parmi les chantiers prioritaires de ce poste stratégique au sein de la préfecture.

Anne-Constance Onghéna pour France Mayotte Matin