Mayotte : Le projet ETHNOMAY mobilise les lycéens pour exploiter le potentiel antibactérien des plantes locales mahoraises

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Mayotte : Le projet ETHNOMAY mobilise les lycéens pour exploiter le potentiel antibactérien des plantes locales mahoraises

Une nouvelle phase du projet participatif ETHNOMAY s’ouvre, avec une mission de terrain menée notamment par Thibault Tam-Hui, doctorant spécialisé dans l’étude de la pharmacopée mahoraise. Porté par une démarche scientifique et éducative, le programme vise à mieux documenter les usages des plantes médicinales locales, en s’appuyant sur la richesse de la biodiversité et sur la collecte de données ethnobotaniques. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.

 

Le programme ETHNOMAY poursuit son déploiement avec une nouvelle phase de terrain dédiée aux plantes médicinales de Mayotte. Ce projet participatif vise à analyser les usages traditionnels en les confrontant à des méthodes scientifiques. Il s’inscrit dans le cadre du Pôle d’Innovation Intégré de Mayotte, qui soutient la recherche et la valorisation des ressources locales. 

Originalité du dispositif : des lycéens sont directement associés à la recherche. Encadrés par des scientifiques, ils participent à la collecte d’informations, en identifiant les plantes, en décrivant leurs usages et en replaçant ces pratiques dans leur contexte. Ce travail de terrain alimente ensuite un corpus de données exploitable à des fins scientifiques. 

Plusieurs espèces font l’objet d’un suivi particulier, notamment Aerva lanata, Coleus madagascariensis, Leptadenia madagascariensis et Paullinia pinnata. Les éléments recueillis doivent contribuer à la rédaction de documents scientifiques détaillés, étape préalable à une éventuelle reconnaissance dans les référentiels officiels liés à la pharmacopée. En parallèle, des analyses sont menées pour évaluer certaines propriétés, notamment antibactériennes. Ces recherches pourraient déboucher sur des applications concrètes à l’échelle locale, en lien avec des usages du quotidien, en particulier dans les jardins. Le projet ne se limite donc pas à un travail de mémoire autour des savoirs anciens, mais cherche aussi à explorer leur utilité potentielle dans des perspectives contemporaines. 

Le projet comprend un volet éducatif structuré. Après une phase d’initiation, les élèves participent à la restitution des résultats et à l’analyse des données. L’objectif est de les initier à la démarche scientifique tout en valorisant les savoirs locaux. L’implication des établissements scolaires renforce la transmission entre patrimoine, apprentissage et production de connaissances. 

Au total, treize classes issues de trois établissements sont engagées dans ce programme, dont le lycée de la Cité du Nord à Acoua, le lycée polyvalent de Chirongui et le lycée agricole de Coconi. Le projet bénéficie d’un soutien public dans le cadre du plan Innovation Outre-Mer, intégré à France 2030 et opéré par la Caisse des Dépôts. Il s’inscrit dans un contexte où Mayotte constitue un terrain d’étude particulièrement favorable pour valoriser ses ressources naturelles et les connaissances qui y sont associées. 

Par France-Mayotte Matin