Après sept mois de prise de fonction, la rectrice de Mayotte, Valérie Debuchy, aborde la rentrée scolaire 2026 avec un diagnostic consolidé de l’état de l’école et des priorités éducatives du territoire. Ce travail, nourri par l’analyse des évaluations de 2025, conduit à un recentrage marqué sur les apprentissages fondamentaux et sur l’organisation pédagogique, dès la maternelle et jusqu’au collège. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
« J’avais besoin d’un peu de temps pour constituer, élaborer et faire un diagnostic de territoire, et notamment de l’état de l’école, afin de conforter des priorités », explique la rectrice. Si certaines orientations étaient déjà identifiées dès son arrivée, l’enjeu est désormais de « consolider ces deux maillons » que sont la maternelle et le collège. La grande section de maternelle est identifiée comme un levier décisif.
« Il faut vraiment mettre le paquet au niveau de la grande section maternelle », insiste Valérie Debuchy, rappelant que « les premiers apprentissages fondamentaux […] entre 3 et 6 ans sont déterminants ». Dans un contexte marqué par des difficultés de maîtrise de la langue, l’objectif est de sécuriser le langage, le vocabulaire et la construction du nombre avant l’entrée au CP. La rectrice n’exclut pas des parcours adaptés : « Si les enseignants détectent qu’un enfant n’aurait pas acquis les bases, il pourrait ne pas aller en CP et refaire une autre année pour lui maximiser ses chances de réussite ». Une année intermédiaire « grande section-CP » est également à l’étude, sous réserve d’un accord ministériel.
Dans le premier degré, le dédoublement des classes de CP et de CE1 reste central. Mais les évaluations révèlent des écarts persistants. « À partir du moment où on a de grandes fragilités, c’est doublement difficile de faire progresser les élèves, mais aussi la classe », observe la rectrice, qui appelle à une analyse plus fine des résultats pour permettre à « chaque élève, quelles que soient ses potentialités de départ, de progresser ».
Au collège, la réponse passe par les groupes de besoins. « Il faut prendre en charge l’hétérogénéité », souligne-t-elle, évoquant les dispositifs déployés en 6e puis en 5e , notamment en français et en mathématiques, à partir des évaluations et des dossiers dès le CM2. Enfin, la compréhension des consignes apparaît comme un enjeu trans- versal : « On sanctionne d’abord un problème de compréhension avant de sanctionner réellement un problème de matières étudiées ».
La rentrée 2026 s’inscrit enfin dans le renforcement du rôle des directeurs d’école. « Il est pilote pédagogique, il est manager de son école », affirme Valérie Debuchy, soulignant l’importance du pilotage local pour ajuster les pratiques et améliorer durablement les résultats scolaires à Mayotte.
Par France-Mayotte Matin























