La signature d’un partenariat entre le MuCEM de Marseille et Mayotte ouvre la voie à une exposition d’envergure consacrée à l’île, appelée à toucher un public très large. Pour le territoire, cette coopération culturelle représente une opportunité majeure de visibilité, de reconnaissance et de valorisation de son patrimoine. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
« Il est temps que Mayotte parle au monde », a déclaré Pierre-Olivier Costa, président du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM), au moment de la signature d’une lettre d’intention ouvrant la voie à une convention de partenariat entre l’institution marseillaise et Mayotte.
Ce cadre officialise la co-organisation de l’exposition « Mayotte – Maore, la rencontre des mondes », programmée à partir de novembre 2026 pour une durée de onze mois au sein du MuCEM, à Marseille. Avec près de 1,4 million de visiteurs accueillis chaque année, le musée constitue une vitrine culturelle d’ampleur nationale et internationale.
Pour Mayotte, cette présence au sein d’un établissement de cette envergure représente une opportunité rare de valoriser son histoire, ses expressions artistiques et la richesse de son patrimoine auprès de publics largement diversifiés. L’exposition a été conçue par le Musée de Mayotte, en lien avec des chercheurs, des artistes et des acteurs culturels, soulignant l’implication des compétences locales dans la construction du projet.
Ben Issa Ousseni voit dans ce rapprochement le point de départ d’une coopération appelée à se poursuivre « dans la durée », avec la perspective de nouvelles conventions entre les deux institutions. La longue période d’ouverture de l’exposition répond, selon Pierre-Olivier Costa, à une volonté d’accessibilité : « C’est pour laisser le temps aux visiteurs de venir la voir et la revoir. Et aussi pour ceux qui sont à Mayotte, pour qu’ils puissent venir voir l’exposition à Marseille. »
Le président du MuCEM, qui s’est déplacé à Mayotte pour la signature, inscrit cette initiative dans une dynamique plus large : « C’est le début d’une grande aventure. Après cette exposition, on espère qu’il y aura aussi une exposition ici à Mayotte et aussi une coopération qui pourra se faire sur plusieurs années. »
Il présente également le projet comme un espace de « dialogue » et un moyen, pour celles et ceux qui ont des attaches mahoraises, « de ne pas oublier d’où ils viennent et qu’ils ont une culture et un patrimoine à transmettre. Ils ont quelque chose entre les mains qu’il ne faut pas perdre ». À Marseille, où la communauté mahoraise est importante, cette dimension mémorielle et identitaire trouve un écho particulier.
« C’est une très grande fierté pour Mayotte d’accueillir ce projet », souligne Zouhourya Mouayad Ben, 4e vice-présidente de l’Assemblée de Mayotte. Elle évoque la possibilité qu’à l’issue de l’exposition, les objets de collection puissent être présentés au Musée de Mayotte, dont la réhabilitation reste nécessaire avant une réouverture au public.
Au-delà de l’événement lui-même, ce partenariat apparaît ainsi comme un levier pour renforcer la visibilité de la culture mahoraise et accompagner la relance du musée territorial.
Anthony Maltret pour France Mayotte Matin























