Le nouveau gouvernement de Madagascar ne sera annoncé que « lundi ou mardi » car les candidats aux postes de ministre sont soumis au détecteur de mensonge, a expliqué jeudi le nouvel homme fort du pays, investi président d'une « refondation » politique en octobre.
Cinq mois après la prise de pouvoir des militaires dans cette île de l'océan Indien à l'issue de manifestations du mouvement Gen Z, le colonel Michaël Randrianirina, qui dirige le pays, a limogé son gouvernement le 9 mars, sans explication.
« Nous avons décidé d'utiliser un polygraphe » (détecteur de mensonge), a expliqué le dirigeant de 52 ans aux médias locaux. « C'est avec ce polygraphe que les enquêtes de moralité seront effectuées. »
« On saura qui est corrompu et qui pourra nous aider, qui va trahir la lutte des jeunes » a-t-il ajouté. « On ne cherche pas quelqu'un de propre à 100%, mais à plus de 60%. De cette manière, Madagascar pourra enfin se développer. C'est pour ça que ça prend du temps. »
Son nouveau Premier ministre, le deuxième depuis son installation au palais présidentiel d'Iavoloha, a été désigné dimanche. Il s'agit de Mamitiana Rajaonarison, ancien officier de gendarmerie qui dirigeait depuis 2021 le Service de renseignement financier de Madagascar (Samifin).
« Nous ferons la nomination du gouvernement lundi ou mardi », a précisé le président jeudi. « Ceux qui auront réussi le test du polygraphe auront un entretien avec moi et le Premier ministre ». Originaire de Mahajanga, dans le nord de la Grande Île, ce dernier a participé au programme d'échanges du département d'État américain pour les dirigeants internationaux (IVLP). Sa nomination intervient dans un contexte de rapprochement des nouvelles autorités avec la Russie.
Après avoir reçu en décembre la visite du général du renseignement militaire russe (GRU) et superviseur présumé de l'Africa Corps, Andreï Averianov, venu avec une livraison d'armes, le colonel Randrianirina a été accueilli par le président russe Vladimir Poutine au Kremlin en février.
Le colonel Randrianirina rejette les accusations de coup d'État, insistant sur le fait que la Cour constitutionnelle lui a « transféré le pouvoir ». Il s'est engagé à mener une transition politique de deux ans, détaillée dans une feuille de route publiée fin février.
L'unité du colonel, le Capsat, avait rejoint en octobre le mouvement de contestation populaire entamé un mois auparavant. Le président d'alors, Andry Rajoelina, et son entourage avaient fui la Grande Ile avec l'aide de la France. L'autre personnage clef des années Rajoelina, le général « Bomba », Richard Ravalomanana, qui était président du Sénat jusqu'à la crise politique d'octobre, a été arrêté en fin d'année.
Le plan de transition prévoit de vastes consultations nationales en 2026, la rédaction d'une nouvelle constitution et une élection présidentielle pour fin 2027.
Avec AFP





















