La Réunion: l'épidémie de chikungunya progresse, plus de 4.000 cas en une semaine, un pic prévu en avril

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La Réunion: l'épidémie de chikungunya progresse, plus de 4.000 cas en une semaine, un pic prévu en avril

L'épidémie de chikungunya est "généralisée sur tout le territoire" de La Réunion, où plus de 4.000 nouveaux cas ont été déclarés en une semaine, ont annoncé mercredi les autorités de l'île française de l'océan Indien.

 

"L'épidémie de chikungunya est à présent généralisée sur tout le territoire et poursuit sa progression. Du 10 au 16 mars, 4.156 nouveaux cas ont été déclarés, soit une hausse de 16% par rapport à la semaine précédente", ont indiqué dans un communiqué commun la préfecture et l'Agence régionale de santé (ARS) de l'île.

"A ce jour, 15 cas graves ont été signalés dont huit adultes et sept nouveau-nés", précise le communiqué qui signale que l'activité dans les services d'urgence est en hausse, passant de 78 passages la semaine précédente à 128 durant la semaine du 10 au 16 mars.

Depuis août 2024, date du déclenchement de l'épidémie à La Réunion, 13.594 ont été signalés. Les autorités sanitaires ont annoncé la semaine dernière les deux premiers décès dus à cette maladie transmise par le moustique tigre, deux personnes âgées de 86 et 96 ans dont l'une présentait des comorbidités.

Face à l'épidémie, le groupe pharmaceutique franco-autrichien Valneva a annoncé lundi qu'il fournirait à compter de début avril 40.000 doses de son vaccin Ixchiq, "prises en charge par les autorités" sanitaires.

La Haute autorité de santé a recommandé début mars de vacciner en priorité les seniors de plus de 65 ans, les adultes avec des comorbidités (hypertension artérielle, diabète, maladies cardiovasculaires, etc.) et les agents de lutte anti-moustique.

L'impact de la maladie reste pour l'instant loin de celui de l'épidémie de 2005-2006, qui avait touché 260.000 personnes - un tiers de la population - et tué 225 personnes.

Face à la propagation du virus, les autorités ont mobilisé trois professionnels de la réserve sanitaire jusqu'au 16 avril. Ces renforts incluent deux ingénieurs en charge de la logistique et de la coordination des actions de mobilisation sociale, ainsi qu'un technicien en appui aux équipes de terrain.

Selon Patrick Mavingui, infectiologue et chercheur au CRNS basé à La Réunion, les projections prévoient un pic fin avril. "Il va y avoir encore une dynamique forte de transmission d'ici là", a-t-il indiqué vendredi à l'AFP.

"Nous arrivons à un niveau épidémique qui appelle la vigilance et l'action. Les semaines les plus délicates sont celles qui arrivent", a reconnu mardi devant la délégation aux outre-mer de l'Assemblée nationale le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, ajoutant qu'il se rendrait sur l'île début avril.

Avec AFP