Quelques jours après avoir traversé la RN2, la lave du Piton de la Fournaise, en éruption depuis le 13 février, a touché l’océan Indien, à 00h20 la nuit dernière. Un phénomène qui n’était pas arrivé depuis 19 ans mais qui suscite une vigilance pollution au dioxyde de soufre.
Décidément, l’éruption en cours du Piton de la Fournaise tient La Réunion en haleine. Vendredi, la lave a traversé la RN2 à plusieurs endroits et dans la nuit de dimanche à lundi, elle a touché l’océan, donnant lieu à des images spectaculaires d’une rencontre singulière entre deux éléments naturels que tout oppose.
Aussi rare qu’impressionnant, la lave se déverse dans l’océan en cascades incandescentes, provoquant d’immenses panaches de vapeur et des réactions chimiques observées de près par les scientifiques. Plus haut, une autre coulée est scrutée de près : elle pourrait elle aussi couper la route.
« Quand la lave rencontre l’eau, elle se fragmente en tout petits morceaux. C’est ce qui donne les lapilli ou du sable, comme on a pu en trouver en 2007. Peut-être que ce sera le cas ici aussi. Il faudra attendre quelques jours pour voir ce qu’il se passe », détaille Alain Bertil, vidéaste et chargé de mission sur le volcanisme à Sainte-Rose.
« Comme la lave arrive dans l’océan, il va y avoir des interactions entre la lave et les compositions chimiques de l’océan. Cela va créer un panache de gaz, un panache acide, et suivant la quantité de lave qui va arriver, ce panache sera plus ou moins grand. C’est ce que nous allons suivre avec l’aide d’Atmo Réunion et de l’ARS », détaille Aline Peltier, directrice de l’observatoire volcanologique du Piton de La Fournaise.
En parallèle, l’ARS et la Préfecture ont lancé une alerte pollution au dioxyde de soufre. « La zone de la laze (lave qui entre en contact avec l'eau de mer provoquant l'émission d'un panache de gaz acides ainsi que de fines particules solides) est à risque. En cas de concentration importante, ces substances peuvent entraîner chez les personnes vulnérables et sensibles des manifestations physiques telles qu’une toux, une exacerbation d’asthme, une baisse de la capacité respiratoire ou une irritation ».
Avec Antenne Réunion





















