Ce mercredi, au Lycée des Lumières de Mamoudzou, une réunion publique consacrée à l’avenir énergétique de Mayotte a réuni représentants du personnel d’Électricité de Mayotte (EDM), élus, experts et citoyens autour d’un enjeu devenu central pour le territoire, dans un contexte de fortes attentes sur l’avenir du service public de l’électricité. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
Dans un an, le contrat de concession liant Électricité de Mayotte (EDM) à l’Assemblée de Mayotte arrive à échéance. Dans l’objectif de trouver le meilleur scénario pour le territoire une réunion organisé par le Comité social et économique central (CSEC) d’EDF SA et les représentants du personnel d’EDM, s’est tenu ce mercredi.
Ali Omar, vice-président de l’Assemblée de Mayotte, a rappelé que la question énergétique dépasse largement le simple cadre technique. « L’énergie fait partie d’une condition essentielle sur le développement du territoire », a-t-il insisté, soulignant qu’une partie importante de la population vit encore sans accès légal à l’électricité. Favorable à la nationalisation d’EDM, il rappelle que Mayotte reste une exception.
Le Département se dit prêt à céder une grande partie de ses actions : « Nous souhaitons céder une grande partie, au minimum la moitié, voire un tiers de nos actions », tout en conservant « un pied dans EDF ». Sa condition reste de « garantir l’énergie dans tous les foyers de Mayotte et qu’il ne doit pas y avoir de laissés-pour-compte ».
Le cabinet Proneos, chargé de l’expertise indépendante, défend lui aussi l’intégration d’EDM dans le giron d’EDF. Son expert Kevin Guillas estime que la nationalisation constitue « l’évolution juridique cohérente avec le statut actuel de Mayotte » et met fin à une situation dérogatoire. Il souligne surtout l’ampleur des investissements à engager, entre 21 et 37 millions d’euros par an, soit près d’un milliard d’euros à terme : « EDM n’a pas les moyens de mettre 1 milliard tout de suite, EDF peut mettre 1 milliard d’emblée sur la table. »
Selon lui, le scénario permettrait aussi un rattrapage du niveau de développement énergétique de La Réunion d’ici 2050, avec davantage de sécurité et d’emplois locaux. « Vous avez l’opportunité historique de pouvoir faire un choix de reprise ! », a souligné le président du CSEC, insistant sur la nécessité pour Mayotte de « reprendre la main » sur son avenir énergétique. Selon lui, le territoire a besoin d’une capacité d’investissement bien supérieure pour moderniser le réseau, réussir la transition énergétique et sécuriser la production.
Il estime qu’EDF dispose de cette force financière : « EDF parle plutôt en investissements en milliards d’euros », rendant ce projet « totalement réalisable ». Pour les représentants des salariés, l’intégration d’EDM dans EDF apparaît ainsi comme « le sens de l’histoire ». De son côté le président du CESEM a souligné que « la transformation d'EDM en EDF supprime la représentation des élus ».
Anthony Maltret pour France Mayotte Matin





















