Éducation : La sénatrice de La Réunion Audrey Bélim réclame un calendrier scolaire adapté « aux réalités climatiques » de l’île

Une école bioclimatique dans la commune de La Possession, à La Réunion ©Académie de La Réunion

Éducation : La sénatrice de La Réunion Audrey Bélim réclame un calendrier scolaire adapté « aux réalités climatiques » de l’île

La sénatrice PS de La Réunion Audrey Bélim a déposé une proposition de loi visant à permettre une véritable adaptation du calendrier scolaire aux réalités climatiques de l’île, où l’hiver austral a lieu en juillet et l’été en décembre.

« Cette proposition ne fixe pas les dates scolaires dans la loi, mais donne au recteur de l’académie la capacité juridique d’adapter le calendrier scolaire, y compris les dates des examens nationaux, après concertation avec l’ensemble de la communauté éducative », précise la sénatrice dans un communiqué.

Audrey Bélim cite notamment les exemples de l’île Maurice voisine, ou de la Nouvelle-Calédonie, où le calendrier scolaire est inversé. Il y débute en effet en février et s’étale jusqu’en novembre, avec des grandes vacances estivales durant les mois de décembre et janvier. Un calendrier en phase avec les saisons de l’hémisphère sud : frais de mai à octobre, chaud d’octobre à avril.

« Alors que nos enfants effectuent une nouvelle fois leur rentrée sous une chaleur intense, le constat s’impose : le calendrier scolaire réunionnais demeure inadapté à nos réalités climatiques. Et pour une raison simple : à La Réunion, les vacances d’été ne correspondent pas à l’été », rappelle Audrey Bélim.

« Conditions d’apprentissage difficiles, voire intenables »

« Nos enfants doivent pouvoir être en vacances lors des périodes de chaleur la plus intense, comme c’est le cas pour les élèves de l’Hexagone » ajoute la sénatrice qui salue tout de même « les ajustements » annoncés par le rectorat pour l’an prochain, « avec deux semaines de vacances supplémentaires durant l’été austral ». Des ajustements qui « vont dans le bon sens, mais restent insuffisants ».

Selon Audrey Bélim, cette évolution « est attendue et soutenue par les fédérations de parents d’élèves, les organisations syndicales et de nombreux élèves, qui alertent depuis plusieurs années sur des conditions d’apprentissage devenues difficiles, voire intenables ». « Elle s’inscrit également dans une logique de transition écologique et de maîtrise de la dépense publique, en limitant les besoins en climatisation et les investissements lourds imposés aux collectivités ».

Sa proposition, signée par une trentaine de ses collègues, est soutenue par l’ancien ministre des Outre-mer Victorin Lurel, sénateur PS de Guadeloupe, et Marie-Pierre Monier, cheffe de file socialiste au sein de la commission de la culture et de l’éducation du Sénat. « J’appelle le ministre de l’Éducation nationale à entendre ce besoin d’adaptation au climat de notre île, située dans l’hémisphère Sud », a-t-elle conclu.