La validation par le CSTB d’une ATEx de type B pour le bambou marque une avancée historique pour l’architecture à Mayotte. Après trois ans de recherches, le bambou Vulgaris devient un matériau reconnu, ouvrant la voie à des constructions locales plus durables, réglementées et adaptées aux réalités climatiques et économiques du territoire. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
Le Centre scientifique et technique du bâtiment, le CSTB, est l’organisme public français de référence pour l’évaluation technique des matériaux, procédés et systèmes constructifs. Placé sous la tutelle de l’État, il joue un rôle central dans la sécurisation des innovations du bâtiment, en vérifiant leur conformité aux exigences de sécurité, de durabilité et de performance.
La validation d’une Appréciation technique d’expérimentation, ou ATEx, constitue une étape déterminante. Elle permet l’utilisation encadrée d’un matériau ou d’un procédé innovant qui ne dispose pas encore de normes traditionnelles. À Mayotte, l’obtention d’une ATEx de type B pour le bambou Vulgaris marque une reconnaissance officielle inédite de ce matériau dans la construction française.
Portée par les agences Dietrich Untertrifaller Architectes, Bulle, Poirier & Justman Architectes, Endemik Mayotte Architecture et C&E Ingénierie, cette validation est l’aboutissement de trois années de travail technique, scientifique et réglementaire. Le bambou Vulgaris est désormais caractérisé, documenté et utilisable dans des projets soumis aux règles de la commande publique.
Pour Mayotte, l’enjeu est majeur. Jusqu’ici cantonné à des usages informels, le bambou peut désormais intégrer des bâtiments scolaires, équipements publics ou logements, dans un cadre sécurisé. Cette reconnaissance ouvre la voie à une architecture plus sobre, mieux adaptée au climat tropical et moins dépendante de matériaux importés.
Le Rectorat de Mayotte a joué un rôle déterminant en soutenant cette démarche, aux côtés de l’association BAM !, chargée de la coupe des bambous sur le territoire. De nombreux partenaires techniques et scientifiques ont contribué au processus, dont Babali, SOCOTEC, TILT, FIBRES, ESIROI, CIRBAT, FCBA et le LNE.
Au-delà de l’innovation, cette ATEx marque un tournant pour la filière locale. Elle pose les bases d’une structuration durable du bambou à Mayotte, entre ressource naturelle, savoir-faire local et cadre réglementaire national.
Anne-Constance Onghéna pour France Mayotte Matin























