Sargasses aux Antilles : La ministre des Outre-mer annonce le lancement d'une concertation et un changement de méthode face à la crise des sargasses

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Sargasses aux Antilles : La ministre des Outre-mer annonce le lancement d'une concertation et un changement de méthode face à la crise des sargasses

Lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, le sénateur de la Martinique Frédéric Buval est revenu sur la situation critique de la gestion des sargasses en Martinique soulignant que cette catastrophe naturelle affecte durablement les communes littorales.Il a ainsi interpellé la ministre sur les mesures concrètes du gouvernement pour résoudre cette crise. La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a appelé à un véritable changement de paradigme face à ce phénomène.

La crise des sargasses qui frappe la Martinique et la Guadeloupe depuis 2011 a franchi un nouveau cap en 2025 avec un record d'échouements sur les côtes atlantiques. Les mobilisations récentes des riverains de la commune du Robert ont mis en lumière l'urgence de la situation. Bien qu'un protocole d'accord ait été signé entre l'État, la Collectivité territoriale de Martinique, le GIP Sargasses, Cap Nord, la commune et les collectifs de riverains pour renforcer les moyens opérationnels d'urgence, de nombreuses problématiques demeurent en suspens.  Au cœur des préoccupations exprimées par le sénateur de la Martinique figure le flou juridique qui entoure le statut des sargasses. Une absence de statut juridique qui crée des difficultés financières considérables pour les communes.

En réponse, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a reconnu l'ampleur du problème. Elle a qualifié chaque échouement de «problème environnemental majeur» et de «rupture dans la vie du quotidien». La ministre a alors appelé à un véritable changement de paradigme, estimant nécessaire de cesser d'être uniquement en position réactive face à ce phénomène.  Pour  cela , Naima Moutchou compte s'appuyer sur « le Plan Sargasses 3, actuellement en cours d'élaboration» et qui s'articulera autour de plusieurs axes stratégiques. « Il faut absolument conforter l'action qui est partagée entre l'Etat et les collectivités. C'est depuis le plan Sargasse 1er, avec cette mobilisation qui a bien fonctionné, nous allons la conforter ...Nous avons des marges de progression, à la fois sur la prévention, à la fois sur la collecte en mer, sur le ramassage, sur le stockage, et puis sur la valorisation. Je veux ensuite que le volet sanitaire soit un des piliers de ce plan, ce qui permettra notamment de répondre à un certain nombre des questions que vous avez posées. Quatrièmement, je veux qu'une action concertée plus importante sur la question de l'échouement. il faut que nous arrivions à monter en puissance à la fois sur la détection et l'action en mer».

Au-delà de ces mesures techniques, Naïma Moutchou a proposé un changement méthodologique. La ministre souhaite associer pleinement les élus locaux et les acteurs de terrain à la réflexion et à l'élaboration des réponses. Pour concrétiser cette démarche participative, elle a annoncé « le lancement d'une concertation dans les prochaines semaines, qui sera pilotée par les préfets des territoires concernés». En conclusion, la ministre s'est déclarée pleinement mobilisée pour répondre à la détresse des populations, y compris sur la question du financement.