L'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon a perdu l'une de ses figures politiques emblématiques. Denis Detcheverry s'est éteint à l'âge de 73 ans, laissant derrière lui l'empreinte d'un homme profondément attaché à son île natale de Miquelon.
Né le 29 avril 1953 à Miquelon-Langlade, Denis Detcheverry a consacré une grande partie de sa vie au service public. Agent EDF de profession, il s'est engagé très tôt dans la vie politique locale, marquant son entrée dans les années 1980. Il a exercé deux mandats en tant que maire de Miquelon-Langlade, de 1989 à 1995, puis de 2001 à 2008, période durant laquelle il a œuvré pour le développement de sa commune.
En 2004, Denis Detcheverry franchit une nouvelle étape en devenant le premier Miquelonnais à représenter l'archipel au Sénat français. Élu le 26 septembre 2004, il siège au palais du Luxembourg jusqu'en 2011, d'abord au sein du groupe UMP, puis au Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) à partir de 2010. Au Sénat, il s'est illustré comme membre de la commission de l'économie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, défendant avec conviction les intérêts de la pêche locale, l'évolution statutaire de l'archipel et les enjeux environnementaux propres à ce territoire insulaire.
Après son mandat sénatorial, Denis Detcheverry est resté investi dans la vie locale en tant qu'adjoint au maire de Miquelon-Langlade de 2008 à 2014, puis conseiller municipal. Il a également fait un retour en politique lors des élections municipales de 2020, sollicité par son neveu pour l'accompagner dans son projet.
Au-delà de son engagement politique, Denis Detcheverry était reconnu pour son implication dans la vie associative et culturelle de l'archipel. Fidèle à ses racines miquelonnaises, il a marqué plusieurs générations par sa proximité avec les habitants et son dévouement à la préservation de l'identité locale.
La sénatrice et ancienne ministre des Outre-mer Annick Girardin a salué sur son réseau social Facebook, la mémoire d'un « homme d’engagement et de convictions fortes, qu’il n’a cessé de mettre au service de Miquelon-Langlade, puis de tout le territoire». « Saint-Pierre-et-Miquelon perd une figure politique locale appréciée et un défenseur passionné de l’Archipel, de son environnement, de sa culture, puisée dans ses origines acadiennes, et de son art de vivre (...) Denis avait ce pragmatisme, cette simplicité et cette proximité de l’homme de terrain qu’il était. Des qualités forgées par ses années d’expérience d’élu local et d’engagement associatif. Il était apprécié du plus grand nombre pour sa parole libre et directe, dans l’Archipel, comme par ses interlocuteurs à Paris ou au Canada. », a-t-elle précisé.























