Près d'une agence immobilière sur deux accepte ou facilite une discrimination raciale de la part de propriétaires en 2025, révèle ce lundi SOS Racisme via une nouvelle campagne de testing. Des chiffres similaires aux derniers testings réalisés en 2019 et 2022.
En six ans et trois campagnes, « le taux de discrimination n'a pas reculé », regrette SOS Racisme. « Une agence sur deux continue d'y participer directement ou indirectement ». L'association affirme qu'une « réaction ferme des pouvoirs publics et des professionnels de l’immobilier s’impose face aux manquements persistants des agences ».
Près de 200 agences (198) ont été contactées par téléphone partout en France. Des membres de SOS Racisme se sont fait passer pour des propriétaires de biens immobiliers mettant un bien en location à condition que l'agence sollicitée envoie des profils de « type européen » afin d'éviter, selon eux, des « problèmes de voisinage ».
Dans le détail, 96 agences (48,48%) ont accepté ou facilité une discrimination raciale : 48 ont accepté directement de discriminer en sélectionnant les locataires sur la base d'un critère racial. Et 48 autres ont refusé de le faire elles-mêmes mais ont permis ou encouragé que le propriétaire réalise cette sélection discriminatoire. A l'inverse, 102 agences (51,52%) ont refusé de discriminer et clairement affirmé leur opposition à toute sélection fondée sur l'origine.
Une première campagne de testing menée entre 2018 et 2019 par SOS Racisme avait révélé que les personnes perçues comme maghrébines ou subsahariennes avaient entre 50 et 55% de chances en moins de voir leur dossier accepté pour la location d'un logement, à situation équivalente.
Ce constat « avait ouvert le dialogue avec le ministère du Logement et les acteurs du secteur immobilier, aboutissant à l'adoption d'un décret en octobre 2020 visant à renforcer la lutte contre les discriminations à l'accès au logement », rappelle l'association. Ce décret impose désormais une formation obligatoire à la non-discrimination pour les professionnels de l'immobilier titulaires d'une carte professionnelle. En cas de non-respect, le renouvellement de la carte professionnelle peut être refusé, « empêchant ainsi l'exercice légal de l'activité ».
Contacté par France Inter, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, estime que ces formations sont souvent insuffisantes et mal contrôlées. Il estime qu'elles « ne sont pas toujours de très bonne qualité » et ne « couvrent pas suffisamment de personnes parce que certaines n'y sont pas soumises et pourtant répondent au bout du fil ».
L'association renouvelle donc ses 10 propositions en matière de prévention et de sanction, parmi lesquelles « la mise en place obligatoire du dossier anonyme pour les professionnels de l'immobilier », ou encore « renforcer les sanctions pénales en cas de discriminations sur le modèle des sanctions pour le logement insalubre ».
Avec AFP























