Le candidat de la liste d'union des gauches à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire a réuni ce vendredi 27 février les associations ultramarines pour un échange sur leurs attentes, rappelant que les 200 000 originaires des Outre-mer constituent la première communauté de la capitale.
C'est au sein du restaurant La Créole, au cœur de Paris, qu'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche à la mairie de Paris, a poursuivi sa série « Parlons Paris avec Emmanuel Grégoire». Ce vendredi, le candidat a choisi de réunir une rencontre avec les associations ultramarines de la capitale.
Aux côtés de deux conseillers à la Ville de Paris Audrey Pulvar, de Laurent Sorel, le premier secrétaire du Parti socialiste a affiché sa volonté de tisser des liens solides avec cette communauté longtemps insuffisamment reconnue sur la scène municipale. « Il y a près de 200 000 originaires des Outre-mer à Paris. C'est 10 % de la population. C'est la plus grande communauté de Paris », a rappelé Emmanuel Grégoire avec insistance, soulignant l'importance de reconnaître pleinement cette réalité démographique. Une réalité que la Ville de Paris, en tant qu'employeur, ne peut ignorer : environ 8 000 agents municipaux seraient eux-mêmes originaires des territoires ultramarins.

Pour le candidat, l'enjeu dépasse la simple arithmétique électorale. Il s'agit d'une question d'identité partagée et d'histoire commune. « C'est un moment de rencontre d'abord avec des associations avec lesquelles j'avais l'habitude de travailler qui font vivre la culture caribéenne ou de la Réunion ou de la Polynésie ou des territoires d'outre-mer. Je veux qu'elles se sentent pleinement et totalement parisiennes avec nous tous », a-t-il déclaré, exprimant le souhait que les Ultramarins puissent vivre « avec fierté et beaucoup d'espoir » leur appartenance à Paris tout en entretenant leur lien avec leur histoire familiale et personnelle.

Des combats concrets : chlordécone, logement, culture, mémoire
Au-delà des déclarations d'intentions, la rencontre a permis d'aborder des sujets très concrets. «C'est aussi porter des combats communs sur la question de la visibilité culturelle, la question de l'éducation et de l'accès à l'enseignement supérieur, de la mémoire, de l'esclavage».
Le scandale du chlordécone figure en tête des préoccupations : ce pesticide, utilisé massivement aux Antilles jusqu'en 1993, continue d'empoisonner des milliers de personnes, y compris des Parisiens originaires de la Martinique ou de la Guadeloupe qui « le portent en eux comme une trace » selon les mots mêmes du candidat. Emmanuel Grégoire a réaffirmé son engagement en matière d'accompagnement sanitaire et environnemental pour ces victimes, avec la mise en oeuvre du dépistage gratuit du Chlordécone. En matière de santé, le candidat Emmanuel Grégoire plaide pour « une meilleure information et orientation sur le dépistage de la drépanocytose.


La question du logement étudiant a également occupé une place centrale dans les échanges. Chaque année, des milliers de jeunes ultramarins arrivent à Paris pour poursuivre des études supérieures, souvent dans des filières inexistantes dans leurs territoires d'origine. Cet « arrachement », comme l'a qualifié Grégoire, mérite une réponse municipale ambitieuse. S'y ajoutent les enjeux de l'insertion professionnelle et du rayonnement culturel, avec des événements déjà instaurés qu'il entend continuer à amplifier.
La tête de la liste « Emmanuel Grégoire pour Paris » a affirmé sa volonté « à faire vivre la mémoire et rendre les Outre-mer visibles dans l'espace public parisien avec la création d'une Maison des Outre-mer parisien. L'objectif pour Emmanuel Grégoire est de combler l'absence de lieu pour « faire rayonner les cultures ultramarines dans le coeur du récit parisien ». Il entend également renforcer le travail mémoriel engagé avec le prolongement d'initiatives autour de la mémoire de l'esclavage, amplifier la visibilité des personnalités ultramarines dans l'espace public parisien avec de nouvelles dénominations et la mise en place d'un parcours mémorial didactique.

Un Conseil parisien des Outre-mer en projet
Parmi les propositions phares, Grégoire a annoncé la création d'un Conseil parisien des Outre-mer, instance permanente de dialogue avec les associations, permettant d'évaluer régulièrement les politiques menées et d'en améliorer l'efficacité. Cette structure institutionnelle serait un outil inédit pour garantir que la voix des communautés de la Guadeloupe, de la Martinique, de La Réunion, de la Guyane, de Polynésie et de l'ensemble des territoires d'outre-mer soit entendue durablement à l'Hôtel de Ville.



Face à la montée du racisme : « passer en mode combattant »
Les témoignages recueillis lors de la rencontre font état d'une inquiétude croissante face à la progression de l'extrême droite et à la recrudescence d'un racisme assumé. « Il y a une forme de désinhibition du retour d'un racisme décomplexé qui est insupportable et qui aurait été inconcevable il y a 20 ans », a reconnu le candidat, partageant ouvertement ces inquiétudes.
En réponse, Emmanuel Grégoire a esquissé une double stratégie : offensive, d'abord, en multipliant les liens intercommunautaires, les événements culturels et l'éducation des enfants ; protectrice, ensuite, en incarnant un « maire rassembleur » et un « maire protecteur ». Une posture qui résonne particulièrement dans un contexte politique national tendu.
Avec sa candidature, Emmanuel Grégoire veut durablement inscrire Paris comme «une capitale ultramarine exemplaire».





















