Rodrigue Petitot, le président du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), a été remis en liberté vendredi après-midi en Martinique, a confirmé l’un de ses avocats à l’AFP.
Encore inconnu l'été dernier, Rodrigue Petitot s'est fait connaître pour ses "punchlines", lancées sur les réseaux sociaux et lors de blocages de supermarchés pour dénoncer les prix de l'alimentaire, en moyenne 40% plus chers que dans l'Hexagone.
Détenu à domicile sous surveillance électronique, le quadragénaire purgeait une peine de 10 mois de prison ferme aménageable pour avoir proféré des menaces sur les réseaux sociaux à l’encontre des élus martiniquais. Il avait interjeté appel de ce jugement le 3 décembre 2024.
Au lendemain du report de la décision de la cour d’appel de Fort-de-France au 12 juin prochain, la défense de Rodrigue Petitot a fait valoir l’article 397-4 du code de la procédure pénale.
Cette disposition légale oblige la cour d’appel à statuer dans un délai de 4 mois après avoir été saisie par un prévenu détenu, sans quoi ce dernier bénéficie d’une remise en liberté d’office. “Nous ne pouvons que nous satisfaire de l’application de la loi”, a réagi maître Eddy Arneton, un des avocats de Rodrigue Petitot.
Dans le cadre de cette procédure, le président du RPPRAC avait été placé en détention provisoire le 29 novembre 2024. À sa sortie du centre pénitentiaire de Ducos le 21 janvier dernier, il avait été équipé d’un bracelet électronique et placé en détention à son domicile du Lamentin.
“C'est une satisfaction puisque nous plaidons que les procédures mises en oeuvre à l'encontre de monsieur Petitot sont disproportionnées”, a encore avancé Me Arneton.
Dans une vidéo diffusée en direct sur sa chaîne Tiktok depuis l’extérieur du centre pénitentiaire de Ducos, Rodrigue Petitot a dit sa joie d’être “à nouveau libre de mes mouvements”.
Le chef de file du mouvement de contestation du coût de la vie en Martinique a été condamné à deux reprises pour des faits commis dans le cadre de ses actions. Une peine d’un an de prison avec sursis a été prononcé à son encontre le 21 janvier dernier en raison de son intrusion au domicile du préfet de la Martinique et de son altercation avec le représentant de l’Etat le 11 novembre 2024.
Avec AFP