Les Occidentaux mettent en garde contre la déstabilisation politique en Haïti

© Présidence d'Haïti

Les Occidentaux mettent en garde contre la déstabilisation politique en Haïti

Les Occidentaux ont mis en garde le conseil de transition en Haïti contre tout changement politique à la tête du pays, craignant une instabilité politique accrue en pleine offensive contre les gangs qui gangrènent l'île des Caraïbes.


Dans un appel téléphonique vendredi, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a assuré le Premier ministre haïtien Alix Fils-Aimé de son plein soutien, soulignant "l'importance de son maintien au poste de Premier ministre d'Haïti pour lutter contre les gangs terroristes et stabiliser l'île".

Haïti traverse une nouvelle zone de turbulences politiques alors que cinq des sept membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) ont exprimé leur volonté de révoquer le Premier ministre, à quelques jours de la fin officielle du mandat du Conseil, prévue le 7 février.
Ils ont paraphé une résolution pour demander le limogeage du Premier ministre et désigner un chef de gouvernement intérimaire.
La résolution n'a toutefois pas de valeur juridique tant qu'elle n'est pas publiée au journal officiel.
Le président du CPT Laurent Saint Cyr s'est opposé à cette tentative de renvoi, au moment où les forces de sécurité en Haïti mènent une large offensive contre les gangs criminels et ont délogé un de leurs membres les plus connus, Jimmy Cherizier, dit "Barbecue".

L'Union européenne ainsi que l'Allemagne, la France, l'Espagne et le Canada ont également estimé jeudi sur X que "tout changement à la tête du gouvernement à quelques jours de la fin du Conseil Présidentiel de Transition mettrait en péril la dynamique encourageante des forces de sécurité contre les gangs criminels".
"Les Etats-Unis veilleront à ce que les politiciens corrompus qui soutiennent les gangs violents et commettent des actes terroristes en Haïti en paient le prix fort", a affirmé le secrétaire d'Etat américain dans un communiqué, soulignant que "la violence actuelle causée par les gangs ne peut être stoppée qu'avec un leadership fort et cohérent, bénéficiant du soutien total du peuple haïtien".

Des opérations de la police haïtienne sont menées quotidiennement dans le centre-ville de Port-au-Prince, en grande partie contrôlée par ces bandes criminelles, avec l'appui de la force de répression des gangs qui remplace la mission multinationale de l'ONU.
Haïti subit depuis de nombreuses années la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements.
Mais la situation s'est aggravée depuis début 2024, quand le Premier ministre de l'époque ArielHenry a été poussé à la démission par ces groupes armés.

Le pays le plus pauvre des Amériques, qui n'a pas connu d'élections depuis 2016, est depuis dirigé par des autorités de transition qui ne parviennent pas à enrayer la violence mais ont annoncé l'organisation d'élections législatives et présidentielle à l'été 2026.

Avec AFP