La compagnie Air Antilles placée en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d’activité

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La compagnie Air Antilles placée en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d’activité

Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre a placé la compagnie Air Antilles en liquidation judiciaire avec cessation immédiate d’activité ce lundi après avoir examiné les offres de reprise de la compagnie aérienne Air Antilles.

 

Le tribunal «rejette l'ensemble des offres de session présentées» et «convertit la procédure de redressement judiciaire de la SAEM Air Antilles en procédure de liquidation judiciaire», selon la décision consultée par l'AFP. Il «ordonne la cessation immédiate de l'activité» de la compagnie. 

«Au cours de la période d'observation, l'administrateur a conclu à l'impossibilité de présenter un plan de redressement par voie de continuation, compte tenu de l'importance du passif évalué à plus de 56 millions d'euros et au regard des pertes d'exploitation persistantes», ajoute le tribunal.

Cette décision signe la fin de la compagnie régionale qui dessert les îles françaises des Caraïbes (Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique) depuis 2002 et qui enchaîne les déboires depuis plusieurs années.

«C'est un grand soulagement», a néanmoins réagi auprès de l'AFP Séverine Louisor Malborougt, déléguée du personnel d'Air Antilles, pointant «l'épuisement des salariés» après des mois d'incertitude et estimant que la décision «représente avant tout la clôture d'un chapitre particulièrement éprouvant de (leur) vie professionnelle».

Depuis le placement en redressement judiciaire de la compagnie, en février, les 116 salariés de la compagnie aérienne étaient dans le flou et la décision du tribunal avait été plusieurs fois reportée. 

« Hasardeux et catastrophique» 

Air Antilles avait été relancée en juin 2024 avec l'appui de la collectivité de Saint-Martin, devenue actionnaire majoritaire au nom de la continuité territoriale, après la liquidation judiciaire de sa société mère, le groupe Caire, en août 2023. La collectivité avait investi environ 20 millions d'euros dans l'opération.

Mais la compagnie a été interdite de vols en décembre 2025 par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), à la suite d'un audit ayant mis en évidence des manquements documentaires et organisationnels. Elle a été placée en redressement judiciaire en février. «Nos repreneurs sont arrivés avec de grandes ambitions, des stratégies et tout ça s'est révélé être hasardeux et catastrophique pour les salariés», regrette Séverine Louisor Malborougt.

Le président de la collectivité de Saint-Martin Louis Mussington n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat. 

Plusieurs offres de reprises étaient pourtant sur la table, mais aucune n'a convaincu. La plus aboutie, l'offre du consortium guadeloupéen Pewen de l'entrepreneur guadeloupéen Pierre Sainte-Luce, était la seule à porter sur l'ensemble de l'activité mais ne prévoyait la reprise que de 13 salariés sur 116, voire 14 avec un engagement pris à l'audience.

Tout en reconnaissant les efforts produits par Pierre Sainte-Luce pour présenter un «projet industriel structuré», le tribunal a jugé cette reprise «incontestablement insuffisante» au regard de l'objectif légal de maintien de l'emploi.

Lors de leur consultation, les salariés s'étaient abstenus, jugeant l'offre «non réalisable». La DGAC avait elle aussi émis un avis critique, estimant le schéma de reprise «confus» et présentant «une faisabilité peu réaliste».

Une deuxième offre, portée par une holding basée à Londres nommée Karaibes Eco Rayonnance Consulting (KER) et adossée à un prêt de 90 millions d'euros d'un fonds turc, avait été retirée avant la décision. 

Une troisième offre, partielle, ne portait que sur un aéronef et ne prévoyait aucune reprise de personnel.

Avec l'arrêt d'Air Antilles, la compagnie Air Caraïbes (groupe Dubreuil) est désormais la seule à relier entre eux les territoires français des Antilles. 

Avec AFP